Dans mes deux billets précédents (ici et ici), nous avons beaucoup parlé de sélection des étudiants à l’université, avec le projet de Refondation tel que proposé par les Refondateurs. En clair, les Refondateurs ne sont guère favorables à cette sélection, mais ils ne la rejettent pas non plus, comme le prouve l’une des voies possibles de la refondation (voir le dernier billet, ici, solution 3).

Pour Louis Vogel, dans son livre intitulé « l’université : une chance pour la France », il faut abandonner l’idée de sélection à l’université (voir sa proposition 6). Son argument premier est qu’il n’y a pas assez d’étudiants en France, ceci comparé à d’autres pays voisins. Ce manque d’étudiants s’additionne avec un taux d’échec important à l’université, laissant beaucoup de jeunes sur le carreau, sans diplôme. D’après Louis Vogel, « la difficulté ne provient pas du nombre d’étudiants, mais de l’incapacité du système à bien les orienter et à répondre à leurs besoins ».

Son idée est qu’il faut diversifier les parcours au sein de chaque université. En effet, les publics sont devenus aujourd’hui très divers, ce qui n’était pas le cas avant (élite restreinte qui partageait les mêmes codes sociaux et même éducation). L’université doit donc s’adapter à cette diversité en offrant une palette de formations de nature et de niveaux divers. Louis Vogel prend l’exemple de son université (Assas, dont il est le président) dans laquelle ce système existe. « De nos différences, faisons une richesse ! », conclusion de sa proposition n°4. Voir également la solution n°2 des Refondateurs (lire ici).

Je partage cette idée de non sélection à l’université et d’accueil de la diversité, à condition que cette diversité puisse s’épanouir dans le cadre de formations adaptées.  Cela ne semble pas être le cas actuellement. Cette option de diversification des parcours demande aussi certainement des moyens importants que toutes les universités ne peuvent pas s’offrir. Mais en examinant bien notre enseignement supérieur, on s’aperçoit que cette diversité des parcours existe (IUT, BTS, prépas, université, écoles intégrées) et que donc les moyens sont déjà en place à une échelle globale, répartis harmonieusement sur tout le territoire. Toutefois, cette apparente diversité ne permet pas de résoudre la crise de notre enseignement supérieur. Je pense que cette crise ne pourra pas être surmontée sans une refonte complète du système. C’est en gros ce que propose Louis Vogel, « l’union entre les grandes écoles et l’université, seul moyen de reconstruire une vraie université, rendra sa force à notre enseignement supérieur ! ».

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