J’ai toujours pensé que l’autonomie des universités correspondait à une valeur progressiste. C’est aussi ce que pense la fondation Terra Nova, fondation qui se définit comme un think tank indépendant de la gauche progressiste ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes, en France et en Europe. Dans une récente note, datée de juin dernier (ici), Terra Nova se questionne sur la LRU : faut-il l’abroger ? . Le texte débute par une longue introduction qui tente de mettre en lumière que la LRU a été conçue selon une vision néolibérale et utilitariste. Selon eux, les principaux défauts de la LRU sont (1) la gouvernance, avec le thème du président dictateur-gestionnaire (2) un système qui reste illisible, en particulier avec un empilement de structures qui se décline presque à l’infini. (3) plus de localisme et moins de mobilité des étudiants, soit l’inverse de l’effet recherché. (4) la loi ne résout pas les problèmes de manque de moyens financiers et humains que rencontrent les universités. Si c’est certainement vrai, pour ma part je trouve ici que l’on confond la LRU avec la loi des finances. (5) des carcans de plus en plus rigides pour la recherche, ceci à cause la nouvelle gouvernance, la loi du publish or perish, les orientations nationales telles de que la SNRI (Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation , ici).

Malgré les vives critiques ci-dessus, la fondation Terra Nova ne rejette en bloc la LRU. L’autonomie des universités lui parait irréversible « et peut être une chance pour les universités si elle est radicalement réorientée ». Voici les points essentiels de leur proposition :

  • aller résolument vers l’émergence d’une dizaine de Grands campus
  • réaffirmer le caractère national du statut des enseignants-chercheurs et faciliter leur mobilité
  • faciliter la mobilité au niveau européen
  • créer des contre-pouvoirs aux pouvoirs des présidents
  • mettre en place un plan de rattrapage financier

Dans le détail, ces propositions sont finalement assez en phase avec les grandes orientations qui tentent de remodeler nos universités. Nous y reviendrons probablement dans de prochains billets …

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