Dans son livre, intitulé « L’université, une chance pour la France », Louis Vogel ne se contente pas de faire des propositions (voir ici). Son livre est structuré en trois parties: (1) Point mort (2) Là où il faut aller (3) Comment y aller ?. Les propositions que nous avons déjà évoquées servent de conclusion.

Examinons aujourd’hui la première partie du livre « point mort ». Cette partie commence par la phrase enchanteresse « l’université française va mal ». Après ce constat, qu’il n’est pas le seul à faire, Louis Vogel tente d’identifier les causes des difficultés.

  1. Pauvreté et désorganisation. La France dépense très peu pour ses universités ou pour son enseignement supérieur en général. Pour s’en persuader, il suffit de regarder les niveaux de financement des pays de l’OCDE, la France y occupe une place parmi les derniers de la classe. C’est bien regrettable tant on sait que l’enseignement et la recherche sont certainement les meilleurs investissements d’avenir que l’on puisse faire. En plus de ce faible niveau d’investissement, Louis Vogel pense que les moyens sont mal coordonnés, à cause d’une tendance naturelle de notre pays à disperser les forces. Il rejoint là un thème qui est cher à la Gaïa Universitas, celui de la fragmentation de notre enseignement supérieur. Selon Louis Vogel, il faudrait réorganiser l’ensemble de la structure.
  2. Dispersion des forces. Dans cette section, Louis Vogel reprend le thème de l’éclatement de l’enseignement supérieur. Cet éclatement ne concerne pas seulement l’enseignement mais aussi la recherche avec l’existence de puissants organismes de recherche (CNRS, INSERM, …) qui concentrent 80 % des budgets de la recherche. Dans ce cadre, l’université est complètement démunie, certainement incapable d’accéder à une autonomie. Le remède ? « il faudrait renforcer l’université grâce à l’intégration des actifs de recherche dont elle a été dépossédée ».
  3. Recherche en déclin. Dans cette partie Louis Vogel dresse un bilan que je trouve trop sévère. La recherche française ne me semble pas en si mauvaise posture. L’université concentre l’essentiel de la puissance de la recherche du pays, avec le bémol de la dépendance et de la dispersion des forces mentionné dans le paragraphe précédent.
  4. Enseignants : perte de prestige et image défaillante. Dans cette section, Louis Vogel discute du déclassement social qui touche les universitaires, de leur lassitude et écoeurement face aux manques de moyens humains et financiers. Les universitaires souffrent aussi de se voir « voler » les meilleurs étudiants par les grandes écoles, se retrouvant alors face à un public de faible niveau, insuffisamment formé dans le secondaire. La bureaucratie débordante et la multiplication des réunions sont aussi pointées du doigt. C’est vrai que nombre d’universitaires doivent faire des tâches d’administration alors que ce n’est pas inscrit dans leurs missions.
  5. Etudiants : Moral à zéro. On connaît le schéma, on en a déjà beaucoup discuté sur la Gaïa Universitas. Les meilleurs étudiants vont dans les prépas, puis vers les IUT ou BTS et enfin, s’ils sont exclus ils viennent à l’université. L’université par défaut … la conséquence d’une longue histoire. Mais est-ce vraiment adapté à la société d’aujourd’hui ?
  6. Refus d’avancer malgré l’urgence. Là on touche le cœur du problème, le thème central de ce blog : le nonisme universitaire. Louis Vogel ne fait pas dans la dentelle : « Face aux manifestations de l’année 2009, l’image d’une « mule » refusant d’avancer malgré le danger, vient plutôt à l’esprit ».  Mais dans l’essentiel de cette sous-section, Louis Vogel tente d’expliquer le pourquoi de cette contestation, arguant que l’objectif de la LRU était le bon mais que la route pour y parvenir n’a pas toujours été la bonne.

Ces quelques éléments ne suffisent certainement pas à résumer les propos de Louis Vogel. Je vous invite à lire son livre que je trouve fort intéressant.

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