Les universitaires ont-ils la liberté d’enseigner ce qu’ils veulent ? Prenons comme point de départ une chronique de Philippe de Lara, philosophe et enseignant à université Panthéon Assas (ici). Monsieur de Lara compare l’enseignement secondaire et l’enseignement à l’université. « Les programmes du secondaire sont élaborés et régulièrement refondus par des commissions d’experts ». Cela parait assez naturel car le bac repose sur des épreuves communes sur tout le territoire national. Au contraire, à l’université « ce sont les universitaires eux-mêmes, par faculté ou par département, qui conçoivent le contenu des enseignements, leur progressivité par cycle, etc … ». Il n’y a donc pas de cadrage national sur les programmes mais toutefois Monsieur de Lara oublie de mentionner le fait que les formations doivent recevoir une habilitation du ministère. Elles sont donc soumises à une accréditation nationale pour être ouvertes. Ceci dit, le ministère ne rentre pas dans le détail des formations et cette liberté académique reste assez large. Les examens sont eux organisés de façon locale et les sujets ne sont pas nationaux. En somme les universités ont beaucoup d’autonomie en la matière. Dans les faits, en dépit du caractère national des diplômes, chaque université délivre des formations qui se différencient fortement des universités voisines de part leurs contenus.

On peut lire ici un certain paradoxe entre le discours des universitaires qui luttent contre l’autonomie des universités. Ils revendiquent tous la liberté académique et décrient l’interventionnisme du ministère. Pourtant ces mêmes personnes militent pour une dimension nationale pour tout ce qui touche l’université (diplômes, statuts, …) et réclament au ministère toute sorte de cadrages ou référentiels nationaux … pourquoi ne décident-ils pas par eux-mêmes, en acteurs libres et responsables  ?

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