Nous avons déjà mentionné brièvement sur ce blog la sortie de la deuxième partie du rapport Aghion (ici). Force est de constater que ce rapport, rendu mi-juillet, n’a guère soulevé de commentaires. Peut-être que la période pré-vacances était peu favorable. C’est bien regrettable car ce rapport contient quelques idées intéressantes et éventuellement polémiques. Probablement conscient du bide médiatique de la publication de ce rapport, Philippe Aghion revient sur ses conclusions principales (ici). Résumons ces trois pistes:

  1. Plus de moyens et plus d’autonomie aux universités. « La France dépense 1,3 % de son PIB pour l’université, soit à peine plus de 8 500 euros par an et par étudiant (hors grandes écoles), tandis que les Etats-Unis y consacrent 3,3 % de leur PIB ». « On obtient de meilleures performances en donnant plus d’autonomie aux universités, notamment dans le choix des équipements, des programmes et dans l’embauche des enseignants. Mais une plus grande autonomie ne facilite l’excellence que si les facs ont les moyens de lutter dans la concurrence mondiale ».
  2. Une gouvernance bicéphale composée d’un conseil d’administration (personnalités souvent externes, qui désigne le président) et d’un sénat académique (représentant la collégialité des professeurs).
  3. Des parcours d’étudiants plus fluides, ce qui inclut une bonne insertion professionnelle, une spécialisation progressive et davantage d’information sur le contenu, qualité des cours et débouchés. Il prône la création de « collèges universitaires » dans lesquelles serait regroupés l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur.

Cette proposition de création de collèges universitaires me parait être le point le plus intéressant de ce rapport. Ils « regrouperaient les formations générales, les professionnalisantes (IUT, BTS) et celles préparant aux grandes écoles, avec des passerelles entre les trois filières ». Dans ce blog j’ai souvent abordé ce thème de la fragmentation de notre enseignement supérieur. Voilà enfin une proposition qui me parait concrète et relativement facile à mettre en œuvre car elle ne dénature pas les formations concernées (à terme on peut toutefois envisager des évolutions). Si on a l’intelligence d’associer à ces collèges une certaine unité de lieu (résidences, cafeterias, restaurants, bibliothèques, quelques cours communs, …), ils auraient alors l’immense avantage de créer une mixité sociale ainsi qu’une mixité intellectuelle. L’interpénétration des populations me semble aujourd’hui essentielle dans une société qui reste fort cloisonnée (catégories professionnelles, origine sociale, …) et dans laquelle le dialogue serein et constructif est de toute évidence difficile.

La version court du rapport Aghion ici, la version longue ici.

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