L’hebdomadaire Marianne propose cette semaine un article intitulé « pourquoi les filles sont-elles toujours premières de la classe … et jamais chefs d’entreprise ? ». L’article part d’un constat simple : 71 % des filles décrochent le bac, contre 57 % des garçons. La différence est assez spectaculaire. Mais voilà, le problème c’est que la tendance s’inverse de façon tout aussi spectaculaire dans l’enseignement supérieur. C’est selon le magazine le paradoxe le plus choquant de notre société. Certes le thème n’est pas nouveau, de nombreux articles ou livres ont déjà été consacrés à ce sujet. Mais le problème perdure alors il faut continuer à en parler afin qu’un jour, peut-être, on voudra bien prendre ce problème en considération.

Le magazine tente donc une petite analyse du processus discriminatoire. Je ne vais pas ici résumer l’article mais reprendre quelques éléments qui concernent directement l’enseignement supérieur. Tout d’abord, malgré leur nette avance au succès du bac, les filles sont moins nombreuses à tenter les concours d’entrée aux grandes écoles scientifiques. On entre alors dans les préjugés ou clichés – la science c’est pour les garçons … Mais elles seraient aussi handicapées par les concours, moins solides que les garçons à supporter la compétition. Ce qui les inquiète aussi, c’est que les formations d’excellence conduisent à des métiers prenants qui ne laisseraient pas de temps à la vie privée. Ainsi à 18 ans, elles ont déjà intégré les contraintes sexuées de la société. Enfin il semblerait qu’en moyenne les parents dépensent plus pour les études des garçons que pour celles des filles.

Marianne note également que plus une profession est valorisée par la société, moins il y a de femmes. Il prend l’exemple dans l’enseignement. Dans les écoles primaires, 80 % des instits sont des femmes. On en trouve 58 % dans le secondaire et seulement 31 % dans l’enseignement supérieur. Pour cet enseignement supérieur, je me permets ici de rappeler mon billet sur la question « professeur d’université : un métier d’homme ? » dans lequel nous avons examiné la répartition hommes/femmes parmi le corps des enseignants-chercheurs (maîtres de conférences et professeurs des universités). La moyenne est de 43 % de femmes chez les MCF et seulement 28 % chez les PR …

Aurons-nous le courage un jour de nous attaquer aux diverses discriminations de notre enseignement supérieur (ou de notre société en général) ? En attendant, j’espère que les membres de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) sont lecteurs de Marianne … typiquement du travail pour eux !

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