Rassurez-vous, l’histoire que je vais vous conter aujourd’hui se passe dans un pays lointain : le Québec. Dans cette région, le sous-financement du réseau universitaire est évalué à 400 millions de dollar par an. Alors la question se pose : qui doit payer ? L’Etat par des impôts supplémentaires ? Les étudiants par une augmentation des frais de scolarité ? Le recteur de l’université de Laval, Denis Brière, a une autre idée (source ici) : il souhaite « que les entreprises participent au financement du réseau universitaire et réclame une contribution obligatoire de leur part ». Cette idée a été présentée devant la commission parlementaire sur l’éducation. Je la trouve intéressante car les entreprises ne devraient-elles pas, elles aussi, contribuer à l’effort de formation des jeunes? Ne bénéficient-elles pas cette formation quand les jeunes arrivent sur le marché du travail ? Une forme de retour sur investissement ne me paraîtrait pas illogique dans ce contexte.

Mais cette proposition de Monsieur Briève n’est pas du tout du goût du Conseil du patronat, qui a réagit assez vivement à la proposition de réforme (source ici). « C’est toute la société qui bénéficie des diplômés, pas seulement les entreprises. On pense que les entreprises contribuent déjà beaucoup au financement de l’éducation de différentes façons ». « Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt de la société en général d’augmenter le fardeau fiscal des entreprises, qui est déjà beaucoup plus élevé qu’ailleurs». Ce conseil du patronat souhaite que le sous financement et l’endettement des universités soient comblés par l’Etat ou les étudiants « il faut faire contribuer davantage les étudiants. On peut trouver plus d’argent de la part du gouvernement en tentant de faire des économies ailleurs ». De son coté, la vice-présidente aux affaires publiques de la Fédération des chambres de commerce du Québec déclare : « Le principal problème du sous-financement universitaire au Québec, ce sont les frais de scolarité qui ne sont pas assez élevés lorsqu’on se compare aux autres provinces. On ne commencera pas à donner une surtaxe aux entreprises, elles contribuent suffisamment à d’autres cagnottes ». « Si on avait un réseau à financer, ce serait d’abord celui de la formation professionnelle et technique. Les besoins, ils sont davantage là ».

Bref tout le monde s’accorde à penser qu’il est important de financer l’enseignement supérieur, que c’est une priorité des investissements nationaux et que l’avenir de la société en dépend. Mais le consensus s’arrête là car quand il faut mettre la main à la poche, on ne trouve plus personne. Qui doit financer l’enseignement supérieur ? L’Etat ? Les étudiants ? Le monde économique ? On a certainement pas fini d’en discuter, que ça soit au Québec ou ailleurs …

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