Il est bien connu que notre enseignement supérieur est très cloisonné et que sa porte d’entrée fonctionne comme un tamis afin de séparer le bon grain de l’ivraie. Les meilleurs bacheliers s’orientent vers la voie sélective des classes préparatoires aux concours. Les suivants vont vers des IUT ou BTS, formations sélectives elles aussi. Enfin, souvent par défaut, ceux qui restent vont à l’université.

Qu’il y ait des parcours différenciés n’est bien entendu pas choquant, pas plus que d’opérer une sélection. Il faut proposer aux étudiants toute une palette de formation, de natures et de niveaux différents. Ce qui est plus dérangeant, c’est que ces formations soient fortement cloisonnées les unes des autres, dans des structures et des lieux différents. Cette configuration ne favorise nullement la mixité sociale et c’est bien regrettable dans une république.

On pourra certainement argumenter sur le fait que l’enseignement supérieur n’est pas le lieu idéal pour contrecarrer les multiples fractures sociales que connaît notre pays. Il est bien connu que les écarts et dégâts se construisent bien avant. Mais reprenons ici quelques lignes copiées dans le blog de Gilbert Béréziat (ici) « Mon problème majeur n’est ni la mixité sociale ni l’intégration. Certes je ne suis contre ni l’une ni l’autre, mais je considère que la mixité sociale est beaucoup plus difficile à réaliser, voire impossible, dans une société en régression où chacun s’efforce d’abord de protéger son pré carré et sa progéniture ». Si G. Béréziat, provocateur, se contrefiche de la mixité sociale, il a certainement conscience que le mal est bien antérieur à l’entrée dans l’enseignement supérieur. En réalité, il prône la « mixité de l’intelligence », ce qui veut dire, en clair, qu’il prône des lieux où les différentes populations pourront se rencontrer, échanger, sympathiser (et plus si affinité). Bref, créer un lieu démocratique pour contrer cette obsession du cloisonnement et du concours républicain, cette politique de classe et de caste qui est à l’œuvre. Presque un projet de société … une refondation ?

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