Revenons aujourd’hui sur le principe de l’autonomie des universités. On se souvient qu’il avait été rejeté en bloc par le mouvement noniste de l’année passée. Pourtant, certains acteurs l’ont défendu sans qu’ils aient été beaucoup entendus. Pour une université, il n’est guère possible aujourd’hui de développer ses libertés universitaires. En effet les universités sont soumises à une tutelle dirigiste du ministère, à un pilotage scientifique autoritaire du CNRS. A cela s’ajoute des moyens limités qui ne laissent guère de marges de manœuvre pour développer des projets. Malgré toutes ces difficultés, la LRU se met en place, avec ses contradictions et luttes internes qui ne sont pas médiatisées. Comme je l’ai souvent dit dans ce blog, la LRU ne sert à rien en l’état. La LRU n’est rien d’autre qu’un outil et il faut apprendre à s’en servir. Mais en ces jours de forte chaleur, mon cerveau n’est guère opérationnel, alors je préfère tendre le micro à Axel Kahn :

« Comment voulez-vous que je préfère une université sous tutelle à une université autonome ? Je comprends très bien qu’on critique la loi LRU, qu’on dise que cette autonomie n’est pas réelle, qu’elle n’est pas accompagnée des moyens nécessaires. Mais que l’on remettre en cause ce principe, je ne comprends pas ». Mai 2009 (fin du mouvement noniste), entretien Axel Kahn-Télérama, ici. La totalité de l’entretien (audio) ici.

« Je ne conçois pas qu’on puisse être, par principe, opposé à l’autonomie. Le contraire de l’autonomie, c’est la tutelle. Or cette liberté de vouloir, induite dans la notion même de l’autonomie, c’est mon idéal d’une université où les gens se parlent et élaborent de concert un projet commun. Mais attention, je parle bien là de l’autonomie d’un établissement public et non d’une entreprise managériale comme les autres. Celle qui met en œuvre un projet élaboré dans la collégialité ». Axel Kahn, Le Monde Education, 10 mars 2010, ici.

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