Ce n’est pas trop mon habitude, mais je vais vous raconter aujourd’hui un petit morceau de ma vie personnelle. Récemment j’ai rendu visite à un collègue et je dois vous avouer que c’était un peu plus qu’une simple visite de courtoisie. En effet mon collègue a la réputation d’être particulièrement bien équipé, ce qui a fortement stimulé ma visite qui donc n’avait rien de désintéressée. Bien entendu, pour faire bonne figure, j’ai présenté un séminaire mais ce n’était pas vraiment la motivation première de mon voyage. Dès mon arrivée, mon collègue m’a fait faire une petite visite de son labo et rapidement nous avons dérivé dans une partie assez isolée, au bout d’un couloir. Nous avons passé un petit sas, nous sommes entrés dans une pièce assez sombre et là, avec une fierté manifeste, mon collègue me l’a montré. Je n’ai pu retenir un petit cri d’admiration  « Oh collègue, quel bel instrument vous avez là ! ». Et pendant plusieurs jours, mon collègue m’a laissé manipuler son instrument. Vraiment je ne regrette pas mon voyage !

Quand on est chercheur, les instruments c’est très important. Car le meilleur ami du chercheur, c’est la machine. Le problème avec les machines, c’est que ça coûte souvent très cher. Alors il faut mettre en place des plans de financement compliqués, presque toujours des cofinancements région, Etat, organismes (pas l’université, elle n’a pas un rond …). L’autre problème avec les machines, c’est que ça vieillit mal, c’est capricieux, souvent en panne et surtout ça se laisse dépasser par une nouvelle génération de machine qui rend la votre obsolète (car bien entendu, la « belle machine » est toujours installée dans un labo concurrent). Or si on veut rester dans le coup, il faut avoir une machine compétitive. C’est comme dans les courses de voitures, on ne peut pas vraiment gagner aujourd’hui quand on a une 2CV. Alors régulièrement il faut acheter un nouvel instrument, c’est capital, indispensable pour la vie du labo. Souvent les labos ne tiennent que grâce à leurs instrumentations et aux compétences/expertises qu’ils ont su développer pour faire avancer la science. Quand on a une machine rutilante, c’est super, on peut parader devant et surtout on peut attirer des collègues du monde entier qui viennent alors faire des mesures sur votre machine, ça dope considérablement les collaborations. Alors, subitement la nouvelle machine vous fait faire également une cure de jouvence scientifique.

Mais voilà, on n’a pas tous des machines neuves et pourtant on rêve tous d’avoir celles des derniers catalogues. Actuellement beaucoup d’universitaires rêvent car l’appel à projets pour les équipements d’excellence est disponible depuis quelques jours (voir ici). A vos plumes, le dossier est à rendre pour le 15 septembre !

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