Aujourd’hui la Gaïa Universitas, qui ne se refuse rien, s’attaque à un des plus grands mystères de nos universités. Il s’agit de la répartition hommes/femmes parmi le corps des enseignants-chercheurs (maîtres de conférences et professeurs des universités). Levons tout d’abord le voile de ce mystère avec les deux graphiques ci-dessous, d’ailleurs presque tout est dit avec ces graphiques. Le premier graphique représente une pyramide des âges pour les MCF et le deuxième la même chose pour les PR (source ici).

On peut constater que pour les MCF, la parité hommes/femmes est à peu près respectée mais ce n’est pas du tout vrai pour les PR. La moyenne est de 43 % de femmes chez les MCF et seulement 28 % chez les PR (source « état des lieux de l’enseignement supérieur et de la recherche, édition 2009 », document MESR, ici). On constate aussi, sur les pyramides des âges, que cette répartition dure depuis longtemps et on n’observe pas d’évolution des tendances avec le temps.

Je trouve ces chiffres un peu curieux. En toute logique, la proportion h/f chez les PR devrait être comparable à celle des MCF, étant donné que les premiers viennent alimenter le corps des seconds. Mais il n’en est rien. Peut-on soupçonner qu’il y ait une sorte de discrimination h/f à l’université lors du recrutement des PR ? Le sujet étant d’importance, j’ai fait mon enquête sur les pratiques de recrutement.

Un recrutement à l’université passe par deux étapes : la qualification par le CNU (dont l’utilité m’échappe) et le recrutement en lui-même (dossier + présentation devant un comité de sélection). Pour les PR, le pourcentage de dossiers reçus « femmes » est de 29 % et le pourcentage de dossiers retenus est aussi de 29 %. Lors du recrutement, le pourcentage de réussite femmes est lui aussi proche de 29 %, bref le même pourcentage de femmes dans le corps des PR (sources ici). Ces chiffres oscillent un peu selon les années, et j’en ai fait une moyenne à la louche. Il n’y a donc pas de discrimination dans la phase de recrutement, ce qui est rassurant.

Alors quoi ? Y aurait-il une forme d’autocensure des femmes à candidater sur un poste de PR ? Les femmes seraient-elles en moyenne plus nulles que les hommes en recherche ? Auraient-elles plus de difficultés à construire, pour des raisons obscures, un dossier solide durant leurs premières années à l’université (tranche d’âges 28-40 ans) ?

Publicités