Valérie Pécresse ne lâche rien sur le dossier de la démocratisation de l’enseignement supérieur. Elle vient d’annoncer qu’elle souhaite mettre en place un « indicateur de performance sociale » dont l’objectif est de mesurer l’effort des établissements de l’enseignement supérieur sur l’ouverture sociale, l’accompagnement au cours des études et l’insertion des élèves boursiers sur le marché du travail (lire le discours sur le site du ministère, ici).

Pour les écoles, on se souvient de la polémique sur les fameux « 30 % de boursiers » en début d’année 2010. Pour nombre d’écoles du « ventre mou », cet objectif sera facilement atteint, c’est d’ailleurs déjà le cas pour nombre d’entre elles. Mais celles qui sont les plus prestigieuses en sont encore très loin. Pour les écoles, la problématique se situe donc au stade du recrutement (souvent par concours). Sur le sujet, on pourra relire nos billets: « Bonne nuit les petits », « Des classes préparatoires à l’université ? », « Valérie Pécresse enfonce le clou», « Démocratisation de l’enseignement supérieur : circulez, y’a rien à voir …», « Démocratisation de l’enseignement supérieur : se pose-t-on la bonne question ? »

Pour les universités, le problème se pose très différemment. Compte tenu qu’il n’y a pas de sélection à l’entrée, l’université ne peut guère être soupçonnée de mettre un frein à la diversité sociale dans la phase d’accès. Le problème concerne surtout sur sa capacité à accompagner cette diversité, en particulier pour des cursus longs (master ou doctorat). Car la situation est loin d’être reluisante, comme en témoigne la courbe ci-dessous qui montre l’évolution chaque catégorie socioprofessionnelle dans la répartition licence-master-doctorat, en normalisant le point de départ (la licence) à 1. Voir notre billet « Démocratisation de l’accès aux masters de l’université » pour en savoir plus sur le sujet.

Advertisements