La Ministre de l’Enseignement Supérieur a quitté les marchés de fruits et légumes des communes d’Île de France pour une visite outre-Rhin, où l’Université, ce n’est pas une mince affaire, et peut paraître autant comme une sorte de trésor national, tant ces prestigieuses institutions ont de liens étroits avec l’histoire allemande.

Comme le relate le Figaro (ici), en ces jours de léger déraillement de l’Europe, pourquoi ne pas aller une fois de plus relancer le bon vieux moteur franco-allemand, et désormais, ce serait en matière d’enseignement supérieur. La ministre, selon le journal, a une vision dithyrambique du modèle universitaire allemand. De plus ce qu’elle a observé semble rejoindre un autre sujet sur lequel elle avait communiqué dans les médias cette semaine, à savoir le lien public-privé en recherche, notamment les sas d’accès pour les chercheurs passant au privé. L’Allemagne, semble-t-il, possède de bons dispositifs pour ce faire. Ce qui réjouit aussi notre intrépide ministre, c’est de trouver dans les récentes initiatives allemandes un écho de ce qui cherche à être fait en France, via le plan campus: une focalisation sur les campus d’excellence. Mme Pécresse souligne ainsi que plusieurs universités aux projets d’excellences communs se partagent le pactole consenti par l’État fédéral, démarche qui a été entamée il y a quelques années lorsque le gouvernement de Gerhard Schröder s’offusqua de la chute de l’Allemagne dans les standards internationaux. Sur des campus qui sont loin d’être des monstres en taille (elle a visité Garching et semble t il aussi Constance) on travaille à rasseoir la réputation des universités allemandes, si considérable au 19ème siècle (on leur doit d’ailleurs le fameux diplôme moderne du doctorat!). Il faut se rappeler qu’il y a quelques années, l’Institut technologique de Karlsruhe tenta un coup de communication en se re-labellisant « K.I.T » (ça rime avec « M.I.T. » n’est ce pas!).

L’article fait remarquer aussi le potentiel de coopération transrégionale et transnationale avec les homologues françaises des institutions universitaires allemandes. À Nancy, le président se plaint même de que le dynamisme retrouvé des voisines ont signifié le retour en Allemagne de plusieurs professeurs attirés par la Lorraine ces dernières années.

Va-t-on donc assister à un autre match de compétitivité franco-allemande, à l’université? Was nun?

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