Le 14 mai 2009, donc il y a environ un an, Le Monde publiait un texte écrit par un groupe de personnalités universitaires. Il s’agissait d’un appel à « refonder l’université française». On se souvient de la première phrase de ce texte « Il est désormais évident que l’Université française n’est plus seulement en crise. Elle est, pour nombre de ses composantes, à peu près à l’agonie ». A cette époque l’atmosphère était très déprimante avec ce mouvement universitaire qui n’en finissait plus de finir et qui a déroulé son noniste pendant plusieurs mois. Ce texte avait marqué un tournant important et probablement la fin du mouvement (qui par ailleurs était agonisant). Pourtant, malgré le beau succès de la pétition associé au texte, l’appel des refondateurs n’aura pas eu le succès qu’on pouvait attendre. En effet, les refondateurs ont ensuite appelé à l’écriture d’une charte et la tenue d’états généraux: rien de tout cela s’est concrétisé. La dernière fois que l’on a entendu parlé d’eux, c’était en janvier dernier au travers d’une tribune assez terne dont le déclencheur avait été le thème de la démocratisation de l’enseignement supérieur. Depuis, à ma connaissance, on n’a aucune nouvelle de nos refondateurs. Peut-être sont-ils en train de préparer leur nouvelle tribune dans Le Monde ? Peut-être sont-ils trop occupés à préparer leurs dossiers respectifs du grand emprunt ? …

Je trouve que leur silence est bien regrettable à l’heure à laquelle pourraient se prendre des décisions importantes quant au devenir de nos universités. En écrivant ceci, je ne pense pas à de nouveaux projets de réformes ou à d’autres lois de modification de statut des EC ou des jeux de pouvoir dans les universités. Je pense surtout au grand emprunt national et son potentiel de profonde modification sur le paysage français. Sur ce blog je me suis souvent félicitée de l’orientation de ce grand emprunt en direction de la recherche et de l’enseignement supérieur. Toutefois, son cadrage me parait trop élitiste car 5 à 10 campus initiatives d’excellence, cela me semble trop restreint. Curieusement, et alors qu’ils sont concernés en premier lieu, je reste surprise du peu de débat que suscite ce grand emprunt parmi les universitaires.

J’avais grand espoir que les refondateurs puissent être le déclencheur d’un mouvement progressiste qui ferait basculer l’université dans une prise de conscience des difficultés actuelles et l’adoption d’attitudes responsables et courageuses pour les enjeux à venir. Ils ont manifestement échoué dans leur projet de rassembler l’université autour d’un projet de refondation. Dommage … en attendant personne ne sait nous faire rêver et rien ne permet d’entrevoir pour demain une université forte, autonome et fière d’elle-même.

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