À la fin de cette semaine, un conseil des sages européen composé d’anciens chefs d’État et de gouvernement présidé par l’ancien premier ministre socialiste espagnol Felipe Gonzales ont remis au Conseil européen (lequel se réunissait cette semaine pour continuer à s’arracher les cheveux au sujet de la crise grecque et hurler que tout est de la faute des marchés) un rapport commandé en 2007 sous présidence allemande, intitulé "Projet Europe 2030".

Je n’ai trouvé qu’une version anglaise de ce rapport sur le site de l’actuelle présidence espagnole de l’Union européenne (lire ici).

Les commentaires sur ce rapport ont davantage souligné les constats sévères effectués par les sages au détriment des actuelles propositions, lesquelles passeront sans doute pour des lieux communs. Pourtant, si les constats sont si sévères, c’est peut-être parce que les gouvernements et peuples européens ont bel et bien pendant longtemps choisi les voies de la facilité plutôt que du bon sens. À force de refuser les réformes, les problèmes de compétitivité auxquels ils faisaient tous face depuis des décennies leur ont explosé à la figure, et ils s’étonnent que les agences de notation les dégradent!

Enfin, une bonne nouvelle, le savoir, la recherche et l’enseignement supérieur font toujours partie des préoccupations de nos sages. Ils relèvent, une fois de plus, que moitié moins d’universités européennes comparé au nombre des américaines figurent parmi les 100 meilleures mondiales. (voir pages 18 à 21 du rapport) Ce n’est pas nouveau, et c’est bien ce qui est affligeant. On connait ce problème! Les années passent, et on ne fait rien, parce que cela dérange des intérêts établis.

Souhaitons tout de même que ce énième rappel à l’ordre remue des consciences.

Cela dit qu’on ne se voile pas la face: la période actuelle est la moins favorable à une réforme et à un investissement d’ampleur en faveur des enseignements supérieurs en Europe. Partout les caisses ont été vidées pour satisfaire à des revendications catégorielles de court terme, diverses, avant une série d’élections. Depuis trop longtemps l’avenir parait vraiment être la dernière chose dont le débat politique européen se soucie: il y a plus de retraités que de jeunes qui votent! L’ironie, c’est que c’est à de pareils retraités qu’on a confié la rédaction du "Projet Europe 2030"!

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