Hier le vote électronique a été autorisé par le parlement, sur une proposition de l’UMP (voir la brève sur le site VousNousIls.fr, ici). On pourra également lire l’argumentaire de V. Pécresse ici. La Gaïa Universitas a déjà consacré un billet sur le thème du vote électronique à l’université (ici). Ce billet avait été l’occasion d’une longue discussion avec un militant opposant à cette évolution. A l’époque du dépôt de la proposition de l’UMP, fin septembre, nous nous étions étonnés de la virulence des réactions. Au lieu d’un débat serein afin d’examiner les avantages et les difficultés éventuelles d’une telle opération, on avait entendu des propos assez durs. D’après ce qu’on peut lire sur le site VousNousIls, le climat ne s’est pas apaisé:

Le vote électronique « suscite la défiance en raison de fraudes possibles ». On pourra relire à ce sujet notre billet précédent (ici), en particulier les commentaires qu’il a généré.

« Habituer les étudiants à se rendre aux urnes est souhaitable ». Je suis sensible à cet argument. Les jeunes ne votent pas beaucoup, on a pu le constater aux élections régionales. D’un autre coté, si on laisse perdurer cette ambiance d’abstention aux élections à l’université, c’est un bien mauvais exemple à donner aux jeunes. Rappelons quelques chiffres de participation aux élections récentes aux conseils d’administration, période février-avril 2010 : Université de Franche Compté, 11,8 % ; Panthéon-Assa, 12,0 % ; Nantes, 15,9 % ; Bordeaux 3, 15,1 % ; Limoges ; 16,2 % ; La Rochelle, 17,5 % ; Provence, 6,4 % ; Sorbonne Nouvelle, 7,6 % ; Lille 3, 5,0 % …. Comme pour le taux d’échec en licence (ici et ici), cela fait des années que ça dure …

« Organiser de véritables campagnes électorales ». Certainement que les étudiants sont mal informés des enjeux et ne se sentent pas concernés par la vie de leurs établissements. Si on veut organiser de véritables campagnes électorales, il y a des progrès à faire car les récentes élections ont parfois tourné en eau de boudin … en plus de véritable campagne électorales, il serait intelligent de sensibiliser les étudiants au respect de l’autre et de la diversité des opinions ou sensibilités (incidents ou vives tensions, par exemple à Lille 3 et Grenoble Pierre-Mendès-France).

« Le but inavoué n’est-il pas de gêner le syndicat étudiant majoritaire? Ce que vous proposez aiderait les multiples petites listes dérisoires qui ne peuvent attirer les électeurs dans les isoloirs ». Ce commentaire laisse transparaître une inquiétude quant à l’issu d’un vote électronique. L’équilibre actuel (UNEF très majoritaire) pourrait être perturbé … ce qui n’est évidemment pas souhaitable pour la majorité actuelle. Quand on sait la faible proportion des personnels et étudiants syndiqués, que les syndicats savent mobiliser leurs troupes lors d’un vote, alors on peut comprendre que les syndicats enseignants et étudiants ne se sentent pas très mobilisés dans un combat qui viserait à augmenter la proportion de votants…

Dans tous le cas, pas de panique. Si le vote électronique à l’université est autorisé, cela ne signifie pas qu’il sera effectif prochainement. Il faut en effet que cela soit une décision du conseil d’administration (discussions chaudes en prévision) et que l’université démontre qu’elle est capable de mettre en place un système informatique fiable et sécurisé. Là aussi on imagine toute sorte de recours possibles …

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