Le ministère de l’Éducation a publié récemment les « indicateurs » des résultats des lycées (voir ici). Selon Michel Quéré, directeur de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) au ministère, ces indicateurs constituent un « outil d’information, pas de classement » (source ici). Il n’empêche que les médias titrent presque tous avec le thème du « classement des lycées ». Choisir son lycée, c’est la période et ces classements, pardon ces indicateurs, tombent à pic …

Mais ne parlons pas des lycées, c’est hors sujet de ce blog. Parlons plutôt des licences. Car le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a aussi publié ses « indicateurs » sur les licences (voir ici), sans en faire trop de publicité (source ici, NouvelObs). On y apprend que le pourcentage de réussite de la licence en trois ans s’étale entre 12 et 40 %, avec une moyenne à 28 % si on prend la totalité des inscriptions (donc incluant les étudiants fantômes ou autres abandons prématurés) et une moyenne de 39 % pour les étudiants ayant dépassé le premier semestre. Comme pour les lycées, le ministère a calculé la « valeur ajoutée » des formations comme pour les lycées, c’est-à-dire « l’écart entre les résultats attendus au vu du public accueilli par chacune (série du bac, origine sociale, âge etc.) et ceux effectivement obtenus » (extrait de l’article du Nouvel Obs).

Ca fait longtemps que ce taux de réussite est faible dans le premier cycle à l’université. Certains ont tenté d’améliorer la situation, comme par exemple la ministre V. Pécresse avec le « plan licence » qu’elle met en place peu de temps après son arrivée au ministère (voir ici pour un rappel des moyens et objectifs). Certains ont dit que les moyens n’étaient pas au rendez-vous, c’est probablement vrai en ce qui concerne l’accompagnement humain de ce plan (en fait l’accompagnement a été inexistant). Deux ans après la mise en place de ce plan, les résultats des universités ne semblent pas satisfaisants. C’est ce que pense l’UNEF qui propose son bilan partiel détaillé (ici). « Pour une fois que l’UNEF fait son boulot !… » a commenté un proche de Valérie Pécresse (source ici, ainsi qu’une synthèse du bilan de l’UNEF). Du coup, V. Pécresse déclare « Nous ne ferons pas le dixième mois de bourse pour les étudiants s’il n’y a pas d’engagement fort des universités sur la mise en place du plan licence » (source ici). On ne voit pas trop bien le rapport mais c’est dit … Il s’agit certainement de l’application du grand principe : quand les universités défaillent, ce sont les étudiants qui trinquent …

Pourquoi ces difficultés en licence ? Les étudiants sont-ils mauvais à l’université ? Les programmes sont-ils inadaptés à la population accueillie ? Les programmes sont-ils inintéressants ? Autant de questions que je me pose …

Un plan licence, pourquoi pas … mais d’autres voient les choses autrement. Par exemple les refondateurs veulent remettre au goût du jour une première année de propédeutique, ce qui n’est d’ailleurs pas si éloigné de l’année L1 du plan licence de V. Pécresse et qui serait une « année fondamentale : elle doit garantir aux étudiants la maîtrise des savoirs fondamentaux et des compétences indispensables à la réussite de leur parcours universitaire » (voir ici). D’autres proposent des remèdes beaucoup plus radicaux, comme tout simplement supprimer le premier cycle à l’université et construire des super-lycées (hors universités) pour des formations en trois ans (voir ici, billet d’hier d’Irnerius sur son blog d’EducPro « Les bacheliers fuient l’université »).

Université, tu es en train de perdre ton premier cycle … remue toi !

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