Dans son article « les libertés universitaires » (revue Commentaire vol 33 n°129, 2010), Olivier Beaud nous explique (entre autres) que la liberté académique est une protection contre certaines menaces. Parmi ces menaces, l’auteur identifie celle de la politisation des universités. L’auteur mentionne l’après Mai 68 et sa politisation qui a influencé le fonctionnement de l’université. Mais il nous rassure : « depuis les années 1980, les choses ont grandement changé. La politisation des universités ne peut plus être considérée comme une menace ».

Que les choses aient changé, je veux bien l’admettre. Mais si l’université n’est pas (trop) politisée actuellement, est-ce que ça veut dire que la menace est écartée ? Pour ma part je pense que non, cette menace sera toujours présente et il faut en être conscient afin d’être prêt à contrer un éventuel mouvement qui pourrait avoir la tentation de faire de l’université un objet politique.

Pour illustrer le fait que cette menace est toujours présente, on peut prendre en exemple l’association SLU (sauvons l’université!) qui en juillet dernier a publié un long texte intitulé « et si c’était maintenant que ça commençait ? », réflexions sur le printemps 2009 des universités. Dans ce texte, l’association prend clairement position pour une repolitisation de l’université : « les conditions commençaient à être réunies pour que le dossier devienne politique aux yeux d’une bonne part des collègues concernés : comme dans tout agir politique, s’y sont croisés ethosindividuel, conscience des droits et devoirs d’un groupe constitué et réinscription de l’université dans le champ social et politique ». […] « ce regain d’action collective est riche de perspectives à moyen terme. Il pourrait déboucher sur une repolitisation du milieu universitaire. Il a d’ores et déjà refait de l’université un objet politique ». Le texte est long, je pourrais citer d’autres extraits du même acabit mais je m’arrête là, chacun pourra aller (re)lire ce texte fort instructif.

La politique à l’université, oui ! Chacun est libre d’exprimer ses convictions, s’il le fait dans un esprit ouvert et de dialogue constructif. Mais faire de l’université un objet politique, non ! L’université est à tout le monde et un lieu où la diversité et les libertés doivent pouvoir s’exprimer.

Alors la menace de politisation des universités a-t-elle disparu ?

Publicités