La revue Commentaire publie un texte d’Olivier Beaud intitulé « Les libertés universitaires ». Dans ce texte Olivier Beaud nous explique qu’il a le sentiment que cette liberté régresse mais l’objectif du texte est surtout de définir « en quoi consiste cette liberté ». On se demande bien comment il va réaliser cet objectif puisque lui-même avoue dans son introduction qu’il « y a plusieurs conceptions possibles des libertés universitaires et presque autant de définitions que d’auteurs ». Son article est découpée en deux parties, l’une concerne le contenu du concept de liberté académique et l’autre sa justification. On ne va pas ici commenter ce texte qui est par ailleurs fort intéressant car il aborde quelques thèmes qui me tiennent particulièrement à cœur. J’y reviendrai si j’en trouve le temps.

Olivier Beaud est membre du groupe des refondateurs, dont nous avons déjà parlé abondamment ici (quand reviendront-ils sur le devant de la scène, c’est un mystère …). Mais surtout on se souvient qu’il était l’un des opposants les plus actifs du projet de décret de la réforme du statut des enseignants-chercheurs, décret qui s’insérait dans la LRU – loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (voir ici et ici, communiqués de l’association pour la  » Qualité de la science française  » (QSF) dont il est un membre actif). Il est devenu une des figures emblématiques du mouvement noniste qui a agité les campus l’année dernière. Ici je voudrais préciser que je ne pense nullement que l’auteur est un noniste, comme en témoigne le texte dans la revue commentaire. Toutefois, concernant ce thème des libertés universitaires, il me semble surprenant que l’auteur oublie une dimension essentielle qui est celle que devraient avoir les EC dans leurs évolutions de carrière. Le statut des EC, jusqu’à très récemment, n’offrait aucune possibilité d’évolution, ici en termes d’évolution des missions qui lui sont données ou de flexibilité dans la modulation de ses missions : un enseignant-chercheur fait 192h d’enseignement et n’avait aucune autre latitude de durée significative (d’ailleurs encore à l’heure actuelle dans de très nombreuses universités). Dans tous les autres métiers, ceux qui offrent un panel de missions, ces évolutions sont possibles et encouragées. Pourquoi en serait-il autrement à l’université ? Pour quelles raisons cherche-t-on à maintenir ce cadre très rigide et quels peuvent bien être les intérêts des personnels de refuser des possibilités d’évolution de carrière ? Ce cadre rigide serait-il un gage de liberté ? Tout cela me semble très contradictoire car quand on aime son métier et qu’on veut le faire évoluer, on aimerait avoir cette liberté d’entrevoir des possibilités d’évolution.

« Il n’y a pas de bonheur sans liberté, ni de liberté sans vaillance », Thucydide

Alors, universitaires, soyez vaillant ! Libres et responsables …

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