Lu dans l’International Herald Tribune (ici) daté d’aujourd’hui la nouvelle suivante: Le gouvernement indien va présenter un projet de loi au Parlement pour autoriser des universités étrangères à ouvrir des établissements d’enseignement supérieur affiliés en Inde. Jusqu’ici, ce type d’entreprise a été rigoureusement interdit pour préserver un seul monopole des institutions indiennes. Un rapport lu un peu plus tôt cette semaine rappelait pourtant qu’avec l’expansion démographique de l’Asie, c’est cette région du monde qui a vu un triplement de sa population en âge de faire des études supérieures, et c’est donc ici que la principale demande d’éducation va se manifester dans les prochaines années, d’autant que les gouvernements, tant en Chine qu’en Inde, reconnaissent que leurs institutions existantes ne vont pas suffire. Ce la crée donc un enjeu pour l’accueil de ces étudiants à l’étranger ou le défi, autrement compliqué, pour des universités étrangères d’implanter des campus locaux. C’est cette voie que la nouvelle loi indienne pourrait permettre, même si l’article a relevé une immédiate levée de boucliers de la part de certains secteurs, et le vote de la loi par le Parlement indien est encore très loin d’être assuré.

Il y a pourtant peut-être une occasion à saisir. L’article note que plusieurs universités du monde anglophone semblent prêtes à relever le défi, d’autant plus qu’elles sont déjà nombreuses à accueillir des étudiants indiens  et bénéficient d’une notoriété certaine qui pourrait les assister dans leur implantation. Le projet de loi précise que l’institution doit au moins investir 11 millions de dollars dans la création du nouveau campus, et que tout bénéfice réalisé de son opération demeurera en Inde pour assurer l’autofinancement. Cela ne place pas forcément les universités françaises en bonne position, mais après la Sorbonne Abou-Dhabi, est-il interdit de rêver d’une autre antenne à Pondichéry, par exemple, d’autant plus que ce serait à proximité des régions dynamiques du Sud qui sont devenus des foyers de technologie et de développement. À moins de tenter l’implantation, audacieuse, à Mumbai, capitale économique du pays. Certes, c’est en sciences, technologies et ingéniérie que se manifestent le plus vivement les intérêts indiens (ah! nos pauvres SHS, négligées, un fois de plus!) et il est intéressant de noter que plusieurs écoles indiennes, certaines des fameuses Indian Institutes of Technology, s’intéressent depuis quelque temps à des partenariats avec les écoles françaises d’ingénieurs, dont les formations sont appréciées. Il est donc possible que certains de nos PRES, si approximatifs sur le territoire national, puissent un jour prendre la route des Indes…

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