En cette période d’élections régionales, revenons sur la question de la répartition des efforts de recherche sur notre territoire. Aujourd’hui nous examinons le cas des organismes de recherche. Parmi eux, on compte principalement les EPST – établissement public à caractère scientifique et technologique (dont CNRS, INRA, INSERM, INRIA ….) et les EPIC – établissement public à caractère industriel et commercial (CEA, CNES, ADEME, ANDRA, …). Ces organismes sont nationaux et leurs implantations dans les régions sont diverses.

Examinons tout d’abord le cas du CNRS. C’est l’organisme le plus gros et le plus influent. Il est présent dans toutes les régions mais avec de grandes disparités. On montre tout d’abord la répartition entre régions sur l’histogramme 1. Cette répartition prend un meilleur sens si on la normalise avec la population des régions. C’est ce que montre l’histogramme 2.

Figure 1: répartition des chercheurs CNRS dans les régions.

Figure 2: répartition des chercheurs CNRS normalisée à la densité d’habitants dans les régions (donc le nombre de chercheurs pour 1000 habitants).

Ce qui est très frappant sur ces histogrammes c’est que les 7 premières régions sont celles qui ont été retenues dans le plan campus de 2007 (Île-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Alsace, Aquitaine). Ce sont aussi celles qui seront les favorites à l’appel d’offre pour le projet grand emprunt. En effet, pourquoi l’Etat ferait un investissement dans ces régions pour se dévoyer deux ans plus tard ? Qu’on ne se méprenne pas ici : nous ne discutons pas de l’excellence de ces régions en matière de recherche. Nous avons montré dans un des billets sur les régions que le « retour sur investissement » se faisait de façon harmonieuse sur le territoire (voir ici, diagramme 3). Ces régions sont en tête tout simplement car le nombre de chercheurs est plus important. Le plan campus et probablement le « grand emprunt » vont certainement accentuer ces différentiels. Dans 10 ou 20 ans, la France pourrait bien ressembler à ceci.

Examinons maintenant les cas des autres organismes que le CNRS. L’histogramme 3 montre la répartition de leurs chercheurs dans les régions et l’histogramme 4 montre la même chose mais normalisé au nombre d’habitants. Là encore la disparité entre les régions est énorme. Mis à part l’Alsace et l’Aquitaine, les 4 premières régions (Île-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon) ont beaucoup de chercheurs CNRS mais aussi beaucoup de chercheurs d’autres organismes. On note la bonne place de Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon, essentiellement due à la présence du CEA et du CNES.

Figure 3: répartition des chercheurs des organismes de recherche autres que le CNRS.

Figure 4: répartition des chercheurs des organismes (autres que CNRS) normalisée à la densité d’habitants dans les régions (donc le nombre de chercheurs pour 1000 habitants).

Prenons maintenant l’ensemble des organismes de recherche, avec l’histogramme 5 pour le nombre de chercheurs et l’histogramme 6 avec une normalisation avec le nombre d’habitants.

Figure 5: répartition des chercheurs des organismes de recherche.


Figure 6: répartition des chercheurs des organismes normalisée à la densité d’habitants dans les régions (donc le nombre de chercheurs pour 1000 habitants).

Mais les organismes de recherche ne sont pas les seuls à faire de la recherche. Les universités y contribuent beaucoup, d’ailleurs de nombreux chercheurs des organismes exercent leurs métiers dans des structures universitaires. Dans les universités il y a des enseignants-chercheurs (EC). Ils ont une mission de recherche (mi-temps) et une missions d’enseignement (mi-temps). Ils doivent aussi faire de « l’administratif » en plus, bien que ça ne soit pas inscrit dans leurs missions. Sur l’histogramme 7 on montre le potentiel humain en recherche d’EC (donc ici calculé en équivalent temps plein de recherche – ETP) des établissements de l’enseignement supérieur. Sur l’histogramme 8 on normalise avec la densité d’habitants dans les régions.

Figure 7: répartition des enseignants-chercheurs (EPT) selon les régions.

Figure 8: répartition des enseignants-chercheurs (ETP) normalisée à la densité d’habitants dans les régions (donc le nombre de chercheurs pour 1000 habitants).

Résumons le tout, avec le potentiel de chercheurs du service public dans les régions, sur l’histogramme 9 et 10.

Figure 9: répartition du potentiel chercheurs (EPT) selon les régions, en additionnant les contributions des organismes de recherche et celles de des établissements de l’enseignement supérieur.

Figure 10: répartition du potentiel chercheurs (EPT) selon les régions, en additionnant les contributions des organismes de recherche et celles de des établissements de l’enseignement supérieur, ceci normalisé à la densité d’habitants dans les régions (donc nombre de chercheurs pour 1000 habitants).

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