Nous avons déjà parlé de cette notion « d’image de marque » sur la Gaïa Universitas (voir notre billet « image de marque »). L’image de marque d’une université est bien entendu un facteur important, lui permettant d’améliorer sa visibilité et lui donnant  des outils de communication efficaces dans un milieu qui est devenu fortement concurrentiel. Ces derniers temps, c’est la « marque » Sorbonne qui agite les milieux parisiens. On pourra lire avec amusement un article de Patrick Fauconnier « Bataille de chiffonniers autour de la marque Sorbonne » sur Educobs. Ce dernier note en conclusion que « pour le première fois depuis longtemps, l’actualité universitaire, en particulier à Paris, a pris un tour captivant ». C’est vrai qu’on ne rigole pas souvent ces derniers temps. On pourra lire aussi avec intérêt l’article de Véronique Soulé « Les facs s’arrachent la marque «Sorbonne» » dans Libération, ainsi que le dossier d’Educpro « quand écoles et universités aspirent à devenir des marques », enquête publiée à l’occasion d’une conférence « La marque, au service des établissement de l’enseignement supérieur ? », hier.

La Sorbonne est bien consciente que sa « marque » et travaille en conséquence. Ainsi on pourra retrouver (depuis très récemment) Paris I Sorbonne sur I-Tune U (ici). I-Tune U est un espace réservé aux contenus universitaires et sur lequel on peut trouver des fichiers audio et vidéo proposés par les universités ou autres écoles. Il est vrai que Paris I Sorbonne est particulièrement en pointe sur ce chapitre car elle avait déjà mis en place des espaces pédagogiques interactifs numériques, en particulier par un podcasting des enseignements.

L’AERES non plus de s’y est pas trompée. Dans l’introduction de son rapport sur Paris 4 Sorbonne (daté de nov 2009, téléchargeable ici), elle titre une « université très marquée ». Extraits : « Héritière en ligne directe d’une des plus anciennes et des plus fameuses universités au monde, l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) revendique haut et fort cet héritage prestigieux. Dans un univers de l’enseignement supérieur où la concurrence et l’internationalisation s’accroissent, cette image de marque représente effectivement un atout exceptionnel, tant en France qu’à l’étranger » […] L’Université Paris-Sorbonne porte aussi la marque d’une histoire moins ancienne, celle des événements de mai 68, qui en fit le haut lieu de la contestation, et dont résulta la scission de la Sorbonne. L’éclatement de la vénérable institution selon des lignes de partage disciplinaires qui paraissent avec le recul pour le moins discutables a, en l’occurrence, abouti à la création d’une institution centrée sur un domaine unique, intitulé « Humanités ». […] L’excellence de nombreuses filières et équipes de recherche est un atout dans un environnement de plus en plus concurrentiel, mais l’hyperspécialisation prive l’université de la fécondité des interactions que l’on connaît dans des universités plus multidisciplinaires, et renforce une certaine tendance à la tour d’ivoire. […] L’université visitée est également marquée par des événements récents : la longue grève de ces derniers mois ainsi que le retour à la présidence d’un ancien président, reflet d’un clivage au sein de l’institution et de son actuel Conseil d’administration ».

L’AERES note une érosion des effectifs étudiants, en particulier pour les nouveaux bacheliers entrant en L1. Il est donc temps pour Paris 4 Sorbonne de réagir car si la Sorbonne bénéficie d’une certaine aura à l’étranger, son image de marque chute dramatiquement auprès des étudiants français. Les mauvaises langues diront que la cause en est les mouvements de grève répétés depuis 3 ans et pour lesquels l’université a été particulièrement en pointe …