On ne peut pas dire que l’enseignement supérieur et la recherche ait été un grand thème de campagne. Les candidats sont restés très discrets sur le sujet. Il est vrai que la triste période de contestation de l’année passée incite à la prudence tant le sujet peut facilement déraper. Précisons, à la décharge de nos politiques, que la recherche et l’enseignement supérieur ne sont pas la prérogative des régions mais celle de l’Etat. Ainsi les régions n’ont aucune obligation d’investir dans ce secteur, ce n’est pas leur rôle. Toutefois les dispositifs de recherche et d’enseignement supérieur sont au cœur des régions et bien entendu leurs influences sont marquées. Par exemple, les étudiants représentent un atout économique évident (car consommateurs). Certaines régions pensent également que la recherche et des formations de haut niveau pourraient être un atout d’innovation ou de création d’entreprise. Les régions ont donc mis en place une politique de soutien à la recherche et développement (par exemple bourses étudiants, bourses de mobilités, programmes de recherche, financement de bâtiment, …). Par ailleurs la situation des universités a fortement évolué ces dernières années, avec la loi d’autonomie des universités et surtout par la création des PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur), ces derniers étant souvent régionaux. Ces situations sont favorables à une implication plus forte des régions dans les dispositifs.

Mais force est de constater que les efforts des régions sont très disparates. Pour s’en convaincre, on pourra lire nos quatre billets précédents sur le thème des régions:  Volet 1 « les régions qui investissent dans la recherche et le développement ». Volet 2 : « l’investissement dans l’enseignement supérieur et contribution du CNRS ». Volet 3 : « les régions et leurs chercheurs ». Volet 4 : « les régions qui publient ». A quelques jours des élections, la Gaïa Universitas va vous aider à faire votre choix si vous êtes encore hésitant. Aujourd’hui nous allons examiner le budget que les régions consacrent à ce thème. En moyenne elles y consacrent 2,5 % de leur budget. Vous allez me dire que c’est bien peu, mais je rappelle qu’elles n’ont pas l’obligation de le faire. Ces 2,5 % représentent environ 3 % du budget total de la recherche. Bref cela pourrait ressembler à une goutte d’eau mais il faut préciser que ce budget total inclut les salaires. Hors salaires, cela représente un chiffre qui n’est pas si ridicule et qui est fort apprécié par les chercheurs.

L’histogramme qui suit montre la part que consacre le conseil régional à sa recherche pour chacune des régions. On constate que les chercheurs de l’ouest du pays sont particulièrement choyés par leurs régions, avec un peloton de tête constitué de l’Aquitaine, du Limousin, de la Bretagne et du Pays de la Loire. En queue de classement on trouve l’Auvergne, la Haute Normandie et le Nord-Pas de Calais, ce dernier étant particulièrement catastrophique avec moins de 1 % du budget.

Légende: Part du budget recherche dans le budget primitif du conseil régional (en %). Les chiffres sont une moyenne sur 3 ans (2004-2006) car les fluctuations sont parfois grandes d’une année à l’autre. Pour la Bourgogne, le Languedoc-Roussillon, le Nord-Pas de Calais et la Picardie la moyenne est faite sur les années 2003-2005 car les chiffres de l’année 2006 ne sont pas disponibles. Source : MEN/MESR-DEPP, ici.

Advertisements