Depuis quelques jours, l’association noniste SLU (sabordons l’université) expose un logo bien curieux (voir ci-contre). Il s’agit de celui du « No Sarkozy Day » (dire NSD pour les initiés). Le « No Sarkozy Day » correspond à un appel au peuple pour « résister au sarkozysme ». On pourra trouver plus de détails sur le site qui est dédié à cette opération, ici. L’idée d’un « No Sarkozy Day » me parait à priori séduisante si ça pouvait correspondre à un jour où enfin on ne parlerait pas de Sarkozy, c’est vrai que ça serait reposant. Mais d’après ce que je comprends ce n’est pas comme ça que l’envisage les organisateurs. Le « No Sarkozy Day » risque fort de se transformer en  « Le Sarkozy Day » (dire LSD). Mais peu importe, ce n’est pas vraiment le propos que je voulais développer. L’association SLU invite donc les universitaires à participer à cette manifestation (ici). Je reste fort dubitative quant à ce genre d’appel. Si chaque individu est bien entendu libre d’avoir ses opinions et de les exprimer, l’association SLU a pris la mauvaise habitude de s’exprimer au nom de la communauté universitaire, sans d’ailleurs se préoccuper le moins du monde de sa légitimité pour ce faire. Ces démarches pour tenter d’imposer une sorte de pensée unique à l’université me dérangent profondément. On se souvient de l’appel d’août dernier « et si c’était maintenant que ça commençait ? », texte qui appelait les universitaires à refaire de l’université un objet politique. Pour ma part je n’ai aucun problème à ce que la politique soit présente dans l’université : c’est un lieu d’échange, de partage, de débat et de construction de ses convictions. Mais les tentatives de s’accaparer une communauté ne me paraissent pas saines, contraire au principe d’université. L’association SLU se révèle être une force conservatrice dont l’unique objectif est une lutte contre les changements, sans la moindre proposition constructive. L’université n’est pourtant pas en pleine forme, à l’agonie pour nombre de ses composantes ou en danger de mort lente (dixit les refondateurs). Les acteurs universitaires auraient davantage intérêt à œuvrer pour sa rénovation (refondation ?) plutôt que de lutter pour la préservation d’une configuration qui sombre lentement depuis 20 ans. Quand aurons-nous le courage d’adopter des postures libres et responsables ? Qui sera le porte drapeau de ce mouvement de refondation ?