Une information parue aujourd’hui dans Le Figaro annonce l’intention d’assurer l’ouverture tardive des bibliothèques universitaires françaises, question qui démarquait assez les établissements français de leurs contreparties étrangères, notamment nord-américaines. D’une certaine façon, il est rassurant que ces temples du savoir restent toujours à disponibilité de l’étudiant, étant donné les horaires désordonnés des cours, la charge de travail, d’éventuelles activités extra-académiques. J’ai remarqué lors de mon passage en Amérique du Nord à quel point c’étaient les étudiants eux-mêmes qui assuraient l’ouverture tardive des bibliothèques (beaucoup étant dotées de la fameuse all-night study room pour ceux qui ont du hibou en eux). C’est assez intéressant car ainsi l’université se fait elle-même pourvoyeuse d’emplois pour les étudiants qui ont besoin de travailler… mais il s’agit là d’un travail justement conciliable avec les études, à défaut des autres petits boulots habituels.

Le projet actuel est, dans le cadre de l’autonomie, de charger les universités elles-mêmes d’assurer la mise en oeuvre de l’ouverture tardive. La moyenne d’ouverture européenne que l’on vise est de 65 heures d’ouvertures, en France la pratique actuelle est de 60… on est donc, somme toute, assez près du but et assurer ces cinq heures ne relèvera sans doute pas de l’esclavage que d’aucuns y verraient. Un travail de numérisation devrait aussi palier par la technique la présence plus restreinte de personnels. La principale objection jusqu’alors à l’ouverture tardive était l’interdiction des heures supplémentaires faite aux bibliothécaires. Explorer l’option de personnel étudiant pourrait aussi être une solution face à ce problème, encore une fois du à des rigidités statutaires. La question qui se posera après est de savoir si les étudiants exploiteront bien ces nouvelles heures d’ouvertures. Ils ont vécu dans une culture de fermeture en fin d’après-midi; et lors d’un passage récent en Allemagne par exemple, j’ai pu remarquer qu’il n’y avait pas un chat vers 18h, en Angleterre ou j’ai aussi roulé ma bosse vers tea-time à 17h-17h30 cela se vidait considérablement, car les repas du soir commençaient à être servis vers 18h30-19h…

Cela dit, il faut payer de sa personne pour être un érudit. Peut-être dans un proche avenir verrons-nous bientôt, dans le coeur des nuits françaises, de diligentes petites fourmis révisant vers minuit dans les BNU en prévision de l’interro du lendemain…

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