Troisième volet de notre enquête sur la recherche et l’enseignement supérieur dans les régions. Penchons nous maintenant sur les chercheurs qui travaillent dans les régions, dans le secteur public. Comme pour les deux billets précédents, les données sont présentées sous forme histogrammes avec les régions sur l’axe des abscisses avec un ordonnancement défini dans le premier billet (volume de la DIRD civile en matière de R&D). Le nombre de chercheurs est pris en équivalent temps plein (ETP). Un enseignant-chercheur compte pour ½ et un chercheur dans un organisme de recherche compte pour 1. Notre pays compte 73000 chercheurs ETP. Cela inclut les EC des universités, diverses écoles et les chercheurs des multiples organismes de recherche (CNRS, INRA, INSERM, …). En moyenne, il y a 1,2 chercheur pour mille habitants.

La figure 1 montre le nombre de chercheur (ETP) selon les régions. La seule région Île-de-France rassemble 35,6 % du potentiel alors que sa population ne compte que pour 18,8 %. Si on prend en compte l’ensemble des régions qui se distingue particulièrement dans ces investissements pour la recherche (Île-de-France, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d’Azur,  Languedoc-Roussillon – voir billets précédents), cela représente 68,5 % du potentiel alors que la population correspondante en représente 45,2%.

Figure 1 : nombre de chercheurs selon les régions

La figure 2 représente les chercheurs des régions, normalisé à densité de population des régions. Cela permet de mettre en comparaison directe les régions car les densités de populations sont fort différentes. L’histogramme met bien en évidence que le potentiel humain en terme de recherche n’est pas du tout réparti de façon égale sur le territoire. Comme pour les parts de financement de la R&D du secteur public (en réalité qui compte les salaires des chercheurs), six régions dominent le paysage (Île-de-France, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d’Azur,  Languedoc-Roussillon et Alsace).

Figure 2 : nombre de chercheurs dans les régions, pour mille habitants. La ligne en pointillé marque la moyenne nationale soit 1,2 chercheurs pour mille habitants.

Il est particulièrement intéressant de faire une distinction entre les chercheurs à plein temps dans les organismes et les chercheurs à mi-temps dans l’enseignement supérieur (universités, écoles de tout type). Tout d’abord la figure 3 montre le potentiel de chercheur dans l’enseignement supérieur (ETP), normalisé à la densité de population. Cette répartition n’est pas excessivement inégale selon les régions. Les valeurs les plus faibles sont pour la Picardie, le Centre et la Haute-Normandie, soit des régions qui entourent l’Île-de-France. L’attractivité de la capitale en est certainement la raison.

Il en va tout autrement de la répartition des chercheurs dans les régions (figure 4, toujours normalisée avec la densité de population) pour laquelle on observe de très fort écarts.

Figure 3 : Enseignants-chercheurs dans les secteurs de l’enseignement supérieur (universités, écoles), normalisé à la densité d’habitants dans les régions.

Figure 4 : Chercheurs au CNRS, nombre normalisé à la densité d’habitants dans les régions.

En conclusion, on peut constater que les enseignants-chercheurs sont relativement répartis de façon homogène sur le territoire national. La raison en est certainement le très grand nombre d’universités de notre pays, sans compter les petites antennes que l’on a installé un peu partout dans les petites et moyennes villes ainsi que les multiples petites structures hors universités (grandes écoles, écoles de commerce ou d’ingénieurs, …). A l’opposé, les chercheurs des organismes de recherche (ici CNRS) ne sont pas du tout répartis de façon homogène. C’est une cause majeure des grands différentiels de l’investissement des régions dans leur R&D que nous avons discuté dans le volet 1 de notre enquête.

Régionales en quatre volets : Volet 1 « les régions qui investissent dans la recherche et le développement ». Volet 2 : « l’investissement dans l’enseignement supérieur et contribution du CNRS ». Volet 3 : « les régions et leurs chercheurs ». Volet 4 : « les régions qui publient ». Toutes les données présentées proviennent du rapport biennal de l’Observatoire des Sciences et des Techniques (OST) « Indicateurs de sciences et de technologies », 2008 (ici).

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