C’est bientôt les élections régionales. Le débat tourne un peu à l’aigreur pour nombre d’universités. On se souvient des arbitrages du « grand emprunt » qui préfigurent un paysage universitaire restreint à une dizaine d’universités « d’excellence » et sans indications claires sur le devenir des autres. Elle deviendront certainement des universités de « proximité », tout juste bonnes à faire du premier cycle. Cette orientation est fort discutable tant elle est restrictive. Si elle se réalise, elle aura de très lourdes conséquences sur l’aménagement du territoire. Certes, avoir 80 universités en France n’est pas raisonnable. C’est presque une par département, sans compter les antennes de proximité que l’on a implantées un peu partout dans les villes de petite ou moyenne importance. L’idée était louable : fournir un accès rapproché à l’université aux étudiants. Mais peut-on encore se permettre une telle politique ? Pourquoi n’a-t-on pas plutôt construit des résidences universitaires, c’est-à-dire amener les étudiants dans les universités plutôt que l’inverse ? Entre une dispersion trop importante des moyens et la restriction autour d’une dizaine d’universités d’excellence, sera-t-il possible de trouver un équilibre raisonnable ?

Les lauréats du « grand emprunt » seront très certainement les lauréats du plan campus. En effet, pourquoi avoir investi dans ces universités pour se retirer deux ans après ? Parmi ces universités, on en compte trois en Île-de-France et sept en province (Lyon, Grenoble, Aix-Marseille, Montpellier, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg). C’est une France déséquilibrée qui se dessine, avec un Sud omniprésent et surpuissant, un Ouest et Nord rayés de la carte …  (voir ci-dessous).

Publicités