Faut-il favoriser ce qui marche ou bien tenter d’améliorer ce qui ne marche pas ? Voilà une question qui anime souvent la vie universitaire et ses réunions à n’en plus finir. Prenons un exemple : quand un poste se libère dans un laboratoire, il se pose la question de décider dans quelle équipe on va déployer ce poste libéré. Deux options peuvent se dégager. La première étant de mettre le poste en renfort d’une équipe qui est dans une bonne dynamique. La seconde est de mettre ce poste dans une équipe qui ne fonctionne pas bien dans l’espoir que du sang neuf permettra un nouvel élan. Depuis peu, un autre cas de figure est discuté avec passion dans les universités, c’est celui des décharges de services. Faut-il donner des décharges de services aux acteurs moteurs de la recherche universitaire ou bien faut-il en donner aux enseignants-chercheurs non-publiants (critères AERES) dans l’espoir que le temps correspondant sera mis à profit pour réintégrer une dynamique positive ? Je pourrais multiplier les exemples à l’infini …

Les refondateurs, dans le texte publié dans Le Monde, le 19 janvier (ici), reprennent ce thème à l’échelle de l’enseignement supérieur :

« Le principe qui préside à la présente orientation : favoriser « ce qui marche » (les classes préparatoires et les écoles) au lieu de tenter vainement d’améliorer « ce qui ne marche pas » (les universités), procède d’une grave myopie, qui consiste à ne pas voir que les deux segments de l’enseignement supérieur français (le segment sélectif et le segment non sélectif) sont en fait étroitement interdépendants. Pour le dire autrement : le secteur sélectif n’est pas réellement autonome. On ne peut imaginer, sans modification complète de tout le système, son développement sur les ruines d’une université en décadence. »

Certes vous allez me faire remarquer que ça n’a rien à voir avec mes deux exemples d’introduction et vous aurez bien raison. Mais depuis que j’ai compris que le cerveau des humains n’obéissait à aucune logique, je ne vois plus pourquoi je me priverais moi aussi. Mais tentons tout de même un point de vue qui, j’espère, ne sera pas complètement malhonnête. On a d’un coté des écoles qui fonctionnent bien mais à effectif limité (moins de 10% de l’enseignement supérieur). De l’autre coté, on a un système à l’agonie ou en danger de mort lente (dixit les refondateurs) mais qui accueille la « grande masse » de l’enseignement supérieur. Que faut-il faire pour « démocratiser » l’enseignement supérieur ? La réponse est tellement évidente qu’il est inutile de le repréciser dans ce billet (voir les deux billets précédents).

Cette chronique fait suite à celle publiée hier, intitulée « Le retour des morts-vivants ».

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