Les ministères ont publié une nouvelle circulaire fin décembre 2009 sur la réforme de la formation des enseignants, ainsi que les détails du contenu des différents concours (JO du 6 janvier 2010). Force est de constater que le mouvement de contestation contre cette réforme semble marquer le pas ou bien il a des difficultés à se remettre des fêtes de fin d’année.

On note toutefois quelques réactions récentes : le 14 janvier, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, écrit à François Fillon pour qualifier la réforme de « désastreuse et inapplicable » (lire la lettre ici). L’association SLU fait un tableau comparatif des épreuves des concours, avant et après la réforme (ici). Les changements ne sont pas si spectaculaires ce qui ne l’empêche pas conclure « l’ensemble des CAPES est formaté au rabais ; ils sont vidés, dans beaucoup de disciplines, de leur fonction de sélection ». Le SNCS-FSU (Syndicat National des Chercheurs Scientifiques) proteste contre l’« interrogation portant sur la compétence Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable » (lire ici). Bref de tout ça on ne trouve guère de quoi fouetter un chat …

Ce manque de réaction signifierait-il que nous sommes enfin arrivé à une sorte de statu quo ? Finalement les modifications majeures se restreignent maintenant à l’allongement d’un an de la formation des enseignants, sans autres profonds changements dans le contenu des formations ou des concours. Au final, après plus d’un an de lutte, on est arrivé à une réforme sans réelle grande ambition.

La balle est maintenant dans le camp des universités. Car force est de convenir qu’on ne pourra plus avancer dans ce dossier sans voir concrètement la configuration que prendront ces masters des métiers de l’enseignement. Mais les universités remonteront-elles les maquettes des formations, certains acteurs irresponsables ou opposants radicaux luttant encore pour un boycott ? Si oui, feront-elles l’effort de mixité ou d’interactions entre le master des métiers de l’enseignement et les autres masters ? Laissera-t-on encore cette formation dans des instituts spécialisés, cloisonnée, isolée des autres pans de formation, souvent très à l’écart dans des « villes moyennes », loin des centres culturels et scientifiques ?

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