Les IUFM ont été créés en début des années 1990. Le but était de rapprocher les enseignants du primaire et du secondaire, tous recrutés après une licence, pour assurer une bonne cohérence de continuité du cursus. Bien qu’ayant le mot « universitaire » dans le sigle, les IUFM correspondent à des composantes indépendantes de l’Université. Ces instituts ont été construits et mis en place bien à l’écart des universités, souvent loin des grandes métropoles pour des questions d’aménagements du territoire. La formation en IUFM est souvent mise en cause par toute une génération d’enseignants, la plupart d’entre eux n’étant pas enthousiasmés par la formation reçue.

En 2005 est votée la loi d’orientation et de programmation pour l’avenir de l’école (loi Fillon), dans laquelle les IUFM se retrouvent être intégrés dans les universités. A cette occasion, la CDIUFM  (Conférence des directeurs d’IUFM) définit huit principes organisateurs de la formation des enseignants (communiqué de presse du 8 juillet 2005, visible ici), parmi lesquels le « principe d’universitarisation ».

Principe d’universitarisation : pour tous les niveaux d’enseignants du 1er et du 2nd degrés, les connaissances et les savoirs développés durant la formation initiale sont adossés à la recherche disciplinaire et à la recherche en éducation et en formation. Les éléments de formation capitalisables et exprimés en crédits ECTS, permettent à l’étudiant et au stagiaire de construire des savoirs professionnels liés à la recherche. Il pourra suivre, le cas échéant, un parcours de formation dans un master professionnel au sein d’une université de l’un des États membres de la Communauté européenne.

L’intégration des IUFM dans les universités est maintenant terminée ou presque, au moins sur le papier (voir le rapport sur l’intégration des IUFM dans les universités). Ainsi donc les IUFM deviennent des composantes de l’université, ouvertes sur l’enseignement supérieur européen (LMD) et adossées à la recherche. La mission dévolue aux IUFM est de former les futurs personnels de l’éducation. La formation est basée sur un système d’alternance entre expérience de terrain et formation aux savoirs et savoir-faire du métier. Reste maintenant à confirmer ce nouveau positionnement au travers de la « mastérisation » et une bonne harmonie avec les autres masters, en particulier le master recherche. Rien n’est gagné d’avance, d’autant plus qu’une armée de nonistes universitaires s’oppose à ce beau projet, préférant probablement qu’on reste sur un statu quo et pour la conservation de systèmes bien cloisonnés sans possibilités d’échanges ou de passerelles.

Publicités