Mon banquier est un homme fort sympathique, mais lui et moi on ne se comprend pas toujours très bien. Lors de notre dernier rendez-vous (ça remonte à plus d’un an), il a essayé de me vendre quelques obligations maison, fcp ou autres sicav. Je n’avais guère été convaincue par la démarche car c’était un peu difficile de comprendre ce qu’il y avait dans les paquets. Je lui ai alors demandé s’il n’y aurait pas des possibilités d’investissement éthique ou socialement responsable. Il a ouvert des grands yeux « mais vous savez ma petite dame, ça ne rapporte pas beaucoup et en plus je ne sais pas si j’en ai ». L’éthique et le socialement responsable ne sont manifestement pas son quotidien. Je suis donc repartie sans rien lui acheter (non mais !). Il m’a rappelé quelques jours plus tard pour m’expliquer qu’il avait du « socialement responsable », un fond qui servait à aider les prêts pour les projets de petites entreprises, mais que le rendement serait assez faible. Là j’en ai eu le souffle un peu coupé … faire des prêts aux entreprises, c’est son boulot, pas le mien ! J’étais bien décidée à changer de banque et à me cultiver pour investir mes maigres économies dans quelque chose qui pourrait être potentiellement intéressant. Mais force est de constater qu’on n’a pas beaucoup de choix, rien qui puisse être très concret.

Mais le monde change … D’après le Wall Street Journal (ici) et le Financial Times (ici), dont je fais ma lecture quotidienne, l’université de Cambridge (UK) va probablement lancer une émission d’emprunt obligataire dans les prochains mois, pour un montant qui devrait se situer entre 225 et 330 millions d’euros. Le but est de trouver des fonds pour construire des logements pour les personnels et de rénover des infrastructures académiques.

En lisant cette nouvelle, comme toute bonne universitaire, j’ai tout d’abord pesté contre ce grand capital qui vient corrompre nos nobles institutions universitaires. Puis je me suis dis qu’en France la situation n’était guère différente avec notre « grand emprunt ». Sauf qu’en France on fait un paquet d’un ensemble aux contours mal définis et qui pourrait profiter davantage aux entreprises par des subterfuges de type « crédit d’impôt recherche» ou autres projets à « avance remboursable », dont la nature est très douteuse et dont on se sait pas vraiment ce qui retombera réellement pour les universités (recherche, formations, vie étudiante, infrastructures). Au moins l’université de Cambridge annonce clairement la couleur. Ainsi je guette l’annonce de l’émission obligataire : c’est décidé, du Cambridge, j’achète !

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