Malgré le mutisme universitaire qui a suivi la publication du rapport Juppé-Rocard, les universités s’en sortent finalement très bien suite aux arbitrages du gouvernement. Elles se confirment comme la priorité numéro un. Mais soyons plus précis : quand je dis que les universités s’en sortent très bien, ce n’est pas vrai pour toutes les universités française (environ 80 à ce jour). En effet, il est prévu la création d’une dizaine de campus universitaires de taille mondiale, dotées chacun d’environ un milliard d’euros (11 milliards au total). Il est prévu également de consacrer 8 milliards à la recherche et à sa valorisation.

Cette orientation confirme le plan campus qui avait permis le financement d’une dizaine d’universités (3 milliards d’euros au total), et il y a fort à parier que ce nouvel investissement ira également vers ces universités. Bien entendu cela confirme aussi les choix de créer un système d’universités à deux vitesses et sans intention de maillage territorial. C’est une orientation élitiste, défendue dans le projet Juppé-Rocard. Si le projet se réalise, il aura des conséquences majeures sur le paysage universitaire français, avec son lot d’avantages et d’inconvénients.

Si on examine de plus près les arbitrages du gouvernement, on peut constater quelques inflexions par rapport aux recommandations du rapport Juppé-Rocard (nous n’examinons ici que l’axe 1 du rapport qui était de « soutenir l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation).

–  Le rapport préconisait 16 milliards d’euros, le gouvernement en projette 19.

– La première action recommandait de « favoriser l’émergence de campus d’enseignement supérieur et de recherche d’excellence » (10 milliards d’euros). Le gouvernement précise ce point en disant qu’il s’agira de campus universitaires. Ainsi l’université est mise en avant, ce qui n’était pas du tout clair dans le rapport Juppé-Rocard (on rappelle que l’enseignement supérieur c’est l’université mais aussi toute une kyrielle d’écoles d’ingénieurs, de commerce, de grandes écoles, de BTS, d’écoles préparatoires, ..). Pour ma part je me félicite de cette orientation.

– La deuxième action de l’axe 1 préconisait d’investir deux milliards d’euros dans « les équipements de recherche, soutenir l’innovation pédagogique et renforcer l’attractivité de la recherche en France ». Le gouvernement propose lui de consacrer 8 milliards d’euros à la recherche, certes sans trop donner de détails.

– La troisième action proposait de « créer quelques campus d’innovation de dimension mondiale, mieux valoriser les résultats de la recherche publique et soutenir la recherche partenariale » (3.5 milliards d’euros). N. Sarkozy n’a pas donné d’orientations spécifiques pour ce point. Certes cela peut être inclus dans les deux premières actions (campus universitaires + la recherche en général).

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