J’ai souvent défendu sur ce blog le principe de mastérisation. C’est à mon sens une chance pour l’université et il me semblerait bien naturel que l’université forme les futurs enseignants du service public de notre pays (voir ici et ici pour plus de détails). C’est aussi une opportunité pour les futurs enseignants de s’extraire de l’environnement fort confiné des IUFM, décriés par la majorité d’entre eux.

Mais force est de constater que le projet continue à s’engluer et prend ces derniers temps une tournure fort discutable. Les propositions du gouvernement semblent s’orienter vers des masters assez généralistes, qui se voudraient à la fois une formation d’enseignant et à la fois un tremplin vers la recherche. Cette vision de ce que peut être un master ne parait pas très raisonnable. Si je peux comprendre l’intérêt et avantages d’un tronc commun (dont l’ampleur reste à définir) durant la première année (M1), je reste fort dubitative quant à la pertinence de vouloir faire perdurer ce coté généraliste en M2. Il faut bien faire des choix, un jour ou l’autre, et courir tous les lièvres à la fois est un exercice fort délicat, surtout quand ils ne vont pas dans la même direction. L’année du M2 devrait être l’année de spécialisation, l’année durant laquelle on prépare son tremplin vers un métier (recherche, enseignement, entreprise privée, etc …). D’après ce que je peux comprendre (et ce n’est pas facile tant la communication du gouvernement sur le sujet est confuse), c’est qu’on demanderait aux futurs enseignants de continuer en M2 une solide formation en enseignements disciplinaires, des préparations de concours, de suivre plusieurs stages, de se former à la recherche, de rédiger un mémoire, de s’initier à la dimension internationale … cherche-t-on à former des SuperProfs ? C’est vrai que ça serait utile …

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