Les recommandations du « grand emprunt » font part belle à la recherche et à l’enseignement supérieur (16 milliards d’euros). Le reste concerne des sujets qui sont étroitement connexes à la recherche (19 milliards d’euros). On pourrait voir se mettre en place une inflexion (qui reste évidemment à concrétiser) dans la politique d’investissement de l’Etat, avec enfin des projets qui concerne le long terme, ce qui trancherait notablement les pratiques de court terme qui sont trop souvent électoralistes ou de concessions aux pressions des lobbies (en particulier industrielles).

Malgré une configuration qui pourrait lui être favorable, on a noté sur ce blog que l’université est restée muette quant à ces annonces (ici et ici). Si l’université ne se montre pas réactive, les autres acteurs ne restent pas immobiles. On peut prendre comme exemple le bobby industriel, qui semble se mettre en branle, attiré par ces 35 milliards d’euros. C’est le ministre de l’industrie, C. Estrosi, qui se fait le porte parole des inquiétudes et veut s’assurer que l’industrie ne sera pas oubliée. Le chef de l’Etat l’a rassuré : « On va investir dans des filières industrielles que nous allons soutenir pour les développer »  a-t-il précisé lors d’un déplacement récent en Alsace. Il a également déclaré « On va se battre pour l’instauration en France d’un “ small business act ” qui permette, comme c’est le cas aux Etats-Unis, de réserver automatiquement une part des marchés aux petites et moyennes entreprises ». Le groupe des fédérations industrielles (GFI) montre au créneau avec un communiqué de presse (ici). On y apprend que l’objectif est de « Faire converger les États Généraux de l’industrie et le grand emprunt pour que le pays se donne la stratégie et les moyens d’une nouvelle politique pour l’industrie ». On note aussi que le rapport Juppé-Rocard mentionne les pôles de compétitivité, ces derniers font surtout le bonheur des filières industrielles alors que les centres de recherche académiques ne touchent que des miettes.

Lundi prochain, 14 décembre, N. Sarkozy fera une conférence de presse au cours de laquelle il rendra public les arbitrages du gouvernement. Ça sera une bonne occasion de faire le point sur l’évolution du dossier depuis la publication du rapport Juppé-Rocard. D’ailleurs cette conférence de presse sera aussi l’occasion de répondre aux questions … de la presse économique.

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