N. Sarkozy a précisé hier les grandes lignes qu’il souhaitait pour l’investissement du grand emprunt. Ça risque de saigner très fort dans les universités, comme une sorte de « marche ou crève ». Voir également le billet d’Irnerius (ici). Quelques réactions dans la presse, en particulier la presse régionale Alsacienne car le président était en voyage en Alsace.

Dernières nouvelles d’Alsace (extraits, texte complet ici) :

L’égalité, mais pas l’égalitarisme. Le grand emprunt ne sera pas distribué par petits paquets. Les chercheurs qui ne cherchent pas n’auront pas un fifrelin. En revanche les pôles d’excellence et les équipes qui se bougent le plus toucheront le pactole qui leur permettra de s’inscrire dans l’élite mondiale. C’est le message qu’est venu délivrer Nicolas Sarkozy hier en Alsace.

Alain Berets, président de l’université de Strasbourg (on rappelle que les trois universités de Strasbourg ont fusionné récemment): « Ce n’est pas seulement une question d’argent, a d’ailleurs précisé Alain Beretz, président de l’Université de Strasbourg : « L’efficience du système suppose d’aller au bout de la logique de l’autonomie dans la gestion du grand emprunt. Si vous nous transmettez les moyens, nous saurons assumer toutes nos responsabilités ». D’entendre un président d’université réputé plutôt de gauche parler d’autonomie fit jubiler Nicolas Sarkozy qui lui donna carrément du « cher Alain ». « Strasbourg a fait le choix – historique – de l’autonomie et du rassemblement. Toutes les universités qui ont réussi sont autonomes ».

N. Sarkozy :  « La France a un problème gigantesque d’investissement », il faut donc injecter de l’argent dans la recherche, la chimie, l’aéronautique, l’automobile, mais aussi le nucléaire et les énergies alternatives, sans oublier le numérique. Dans tous ces domaines doivent se constituer des pôles d’excellence, une véritable « révolution culturelle ». « Nous voulons les meilleures universités du monde. Nous allons vous donner les moyens, y compris des dotations en capital, pour que la France prenne toute sa place dans l’économie de la connaissance. Vous déciderez vous-mêmes de l’allocation des moyens qui vous permettront d’attirer les capitaux privés et de recruter les meilleurs chercheurs. Vous nous avez fait confiance, vous ne serez pas déçus ».

Pas question toutefois de distribuer l’emprunt égalitairement entre les 83 universités françaises. Car il y a « des chercheurs qui cherchent et qui trouvent, des chercheurs qui cherchent et ne trouvent pas – ceux-là, il faut les aider – et il y en a d’autres qui ne cherchent pas du tout. On a envie de primer les équipes qui se bougent le plus. Ce n’est pas faire de l’élitisme. Tout le monde en profitera car ça va irriguer le territoire », dit Nicolas Sarkozy qui annonce, dans les semaines à venir, la labellisation de nouveaux pôles de compétitivité.

Journal l’Alsace (texte complet ici)

Nicolas Sarkozy a écouté ses interlocuteurs alsaciens, rebondissant à chaque fois sur leurs interventions et insistant sur les réformes menées. « Notre équipe est au 15 e niveau mondial en chimie. Nous voulons être dans le peloton de tête », a lancé le professeur Thomas Ebbesen, directeur de l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaire, en réclamant « des moyens pour attirer les meilleurs chercheurs ». Quant à Alain Beretz, président de l’Université de Strasbourg, « première université de France », il s’est dit « satisfait que la recherche soit au centre du dispositif du grand emprunt ». Mais lui aussi attend « des moyens ». « Pour moi, l’Université de Strasbourg est importante », répondra le président, en se félicitant qu’elle ait pu se rassembler et faire le choix de l’autonomie. Enfin, un artisan, Freddy Rump, a cité en exemple son secteur, celui de la recherche d’efficacité énergétique dans l’industrie, évoquant la difficulté des petites entreprises à accéder aux marchés publics. Sans oublier Marc Duval-Destin, directeur du secteur recherche chez PSA, qui a parlé de la voiture du futur qui nécessitera des investissements lourds, « car les sauts à effectuer restent considérables ».

L’express (extrait, texte complet ici):  Le futur grand emprunt servira à financer des pôles d’excellence dans la recherche, l’enseignement supérieur, l’industrie et la santé, déclare Nicolas Sarkozy, qui exclut tout saupoudrage.

N. Sarkozy : « Les moyens, on les donnera à des universités qui auront fait le choix du regroupement, de l’excellence, d’une nouvelle gouvernance, de la contractualisation et des résultats« , a-t-il dit. « Nous voulons les meilleures universités du monde. »

Les échos (extrait, texte complet ici):

Il (N. Sarkozy) a hier appuyé la priorité donnée à l’innovation et aux universités en soutenant le principe de sélectivité, qui suscite des débats dans la communauté universitaire : on ne va « pas diviser l’argent » à parts égales aux plus de quatre-vingts universités, a insisté Nicolas Sarkozy, qui veut « primer les équipes qui en veulent le plus, qui bougent le plus ».

La suite lundi prochain pour les arbitrages du gouvernement.

Publicités