Je viens de tomber sur un bulletin télévisé de l’Agence Reuters (ici) qui retrace trois jours de protestations ayant lieu en Californie ce weekend dernier. La situation financière de l’État est critique et l’a contraint à une hausse de 32% des droits d’inscriptions de son fameux système d’universités publiques, que beaucoup voient comme un modèle de ce que peut être l’enseignement supérieur public aux États-Unis, c’est à dire la qualité combiné à l’accessibilité en raison de la modération des droits et des aides généreuses que peuvent percevoir les étudiants de ces établissements. Cette augmentation choque manifestement un public qui n’avait pas vu venir cette éventualité, bien que la situation budgétaire désastreuse de la Californie soit évidente depuis plusieurs décennies: en effet, la politique de l’État est bridée par une série de mesures, adoptées par voie référendaire, qui crée une situation ubuesque: l’État se doit d’avoir un budget en équilibre, l’État n’a pas le droit d’augmenter les impôts, et l’État n’a pas le droit de diminuer ses dépenses! Peut-être un super-ordinateur de la Silicon Valley aurait pu déterminer l’équation qui résolve ce problème, mais pour l’instant ses circuits tournent encore.

Ce n’est pas un problème limité à la Californie. La semaine passé, de nombreuses manifestations ont également été remarquées en Allemagne où les universités, elles, peinent encore face à la mise en oeuvre du système LMD tout en faisant face, elles aussi, à une crise de moyens car les Länder, grands bailleurs de fonds au niveau éducatif, ont également été touchés sérieusement par la crise, notamment par le truchement de leurs caisses d’épargne locales, grandes détentrices d’actifs toxiques. Un récent séjour dans ce pays m’a permis d’apercevoir de nombreuses banderoles de protestation accrochées sur les façades des bâtiments universitaires, mais je n’ai pas été témoin de manifestations pendant mon passage. C’est néanmoins un mouvement qui bouillonne en surface.

À quand le tour des Français, justement?

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