visu-egfeLa place du concours dans le cursus de la formation des maîtres est un débat passionné. Dans le récent décret, le concours est positionné en année 2 de la formation (M2). Pourtant nombre de syndicats enseignants et étudiants souhaiteraient le mettre en première année (M1), comme pour la situation antérieure à la réforme. Pour aider à avancer dans ce débat, il est utile de se poser la question suivante : quelle est la finalité du concours ? Les récents états généraux de la formation des enseignants donne une analyse intéressante.  En conclusion des travaux, on trouve une synthèse sur la finalité des concours, qui se décline en 4 points (page 36 et 37 de la synthèse):

  1. qui sélectionnent les étudiants les mieux adaptés à la réalité du métier ;
  2. qui contribuent à la cohérence du système éducatif français, au moins en instaurant une épreuve commune sur le système éducatif ;
  3. qui pilotent et harmonisent la formation vers les métiers de l’enseignement ;
  4. qui varient selon le type de candidats aux concours : étudiants, candidats expérimentés et candidats en reconversion.

Les points 2-4 n’imposent pas, à priori, de contraintes sur positionnement du concours dans la formation. Le point 2 insiste sur la nécessité définir une épreuve commune à tous les concours qui correspondrait à « une connaissance de l’organisation du système éducatif, la connaissance du public et des relations avec les familles ». Le point 3 insiste sur le caractère national du concours et enfin le point 4 préconise la mise en place d’une « reconnaissance par VAE des compétences professionnelles acquises par l’expérience, ainsi qu’un mode spécifique d’accès pour les publics en reconversion ».

Pour le premier point, il est précisé que « les maquettes de concours doivent donc être tournées vers la réussite de tous les élèves, ce qui suppose la maîtrise de connaissances académiques et de compétences professionnelles » – « Le jour où le concours de recrutement se fera sur une épreuve théorique […], mais surtout sur une EPREUVE PRATIQUE (en classe), nous serons sûrs que le concours évalue correctement des personnes aptes à enseigner». La nature bipolaire du métier d’enseignant (académique/professionnel) est manifestement une constante des contributions de ces états généraux. Le rapport cite « A la différence des concours actuels, les concours devraient comporter de manière équilibrée une partie académique et une partie professionnelle. […] Par conséquent, dès les épreuves d’admissibilité, les concours doivent comporter des épreuves réellement professionnelles. De plus, le nombre d’épreuves et les coefficients doivent être équilibrés entre l’académique et le professionnel ». Ainsi donc il faut que le jour du concours les candidats aient la maîtrise des connaissances théoriques et pratiques. J’ai du mal à penser que toutes ces compétences puissent s’acquérir durant le M1. A quoi servira alors le M2 ? Pourtant, dans ses conclusions, les états généraux semblent préconiser un concours en M1. Je trouve ça très paradoxal …

Sur le même sujet, voir nos chroniques sur la mastérisation de la formation des enseignants et le positonnement du concours dans le cycle de formation.

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