logo_IUFMLe supplément Éducation du Monde de la semaine dernière consacre une large part à la formation des maîtres (édition du 14 octobre 2009). On y apprend que les concours pour devenir enseignants sont très sélectifs (15 % de réussite en moyenne sur les disciplines, soit encore plus sélectif qu’en médecine !). Pourtant l’engouement pour cette carrière professionnelle ne se dément pas, malgré la faible rémunération à la sortie. D’après le journaliste, le métier d’enseignant serait un métier « refuge », en précisant bien que ce qualificatif n’a rien de péjoratif (le Monde est maintenant bien habitué à prendre beaucoup de précaution quand il parle des enseignants ou universitaires). Ce refuge, c’est celui de la peur du chômage, d’une certaine philosophie de la vie (par exemple ce métier offre de bonnes conditions pour la vie familiale), ou encore un engagement pour échapper à « la logique du privé ».

Actuellement, pour être recrutés et devenir enseignants, les candidats doivent donc passer un concours au terme de la première année d’IUFM (soit à Bac+4). Cette première année peut donc être considérée comme une sorte d’école préparatoire car son objectif est la réussite à un concours. On vient de rappeler que ce concours est très sélectif. Il est par ailleurs essentiellement basé sur des « connaissances théoriques » disciplinaires, ce qui est assez décrié par les candidats car jugé en fort décalage avec le métier réel d’enseignant. La formation pratique n’est pas prise en compte dans ce schéma de sélection, ce qui est assez surprenant compte tenu du fait que l’aptitude des acteurs sur le terrain n’est certainement pas un élément négligeable quand on est enseignant. Comme trop souvent en France (mais pas ailleurs), on encourage, on évalue, on sélectionne les personnes quasi-uniquement sur leurs bases théoriques. Prenons le simple exemple, certainement pas anodin, d’une personne ayant d’excellentes prédispositions pour la pédagogie ou ayant de très bons contacts avec les enfants et adolescents. Si cette personne ne parvient pas à se hisser à la hauteur de l’exigence théorique du concours, alors elle ne sera jamais enseignante avec un statut stable. Pourtant elle « était faite » pour ça … On peut sérieusement s’interroger sur la nécessité de scinder aussi profondément la formation théorique disciplinaire de la formation professionnelle. La mastérisation ne serait-elle pas une occasion de travailler sur ce dossier, c’est-à-dire la prise en compte de la formation sur le terrain dans l’évaluation et la sélection des futurs enseignants ? Certes on va dire bien entendu que c’est un scandale car cela rompt avec les traditions françaises … et cela imposerait de mettre le concours en deuxième année du cycle de formation !

Sur cette question du positionnement du concours dans le cycle master, il y a beaucoup de divisions, y compris pour les syndicats. Le Sgen-CFDT, SE-Unsa, SNUipp-FSU, Snesup-FSU et Sup Recherche-Unsa souhaitent mettre le concours à la fin de l’année de M1, comme c’est actuellement dans le cycle de formation de l’IUFM. Au contraire le SNALC, le SNES-FSU et Autonome sup sont favorables à un concours en M2. Les organisations étudiantes sont elles aussi en désaccord. L’UNEF veut le concours en M1 alors que la Fage le verrait bien en M2 …

Cela n’engage que moi sur la Gaïa Universitas, mais je pense que le concours devrait se faire durant la deuxième année de formation, soit en M2 du master. Cela pourrait permettre enfin de se donner le temps (la possibilité ?) d’une prise en compte de la formation pratique à sa juste valeur .

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