logoIUTLes instituts universitaires de technologie (IUT) ont pour mission de dispenser une formation professionnalisante aux fonctions d’encadrement technique (Bac+2). Ils ont été créés en 1966 et se sont multipliés dans les années suivantes. On en compte aujourd’hui 116 sur tout le territoire français.

Depuis quelque temps, on constate que beaucoup d’étudiants poursuivent leurs études après obtention de leur DUT. Cette proportion ne cesse de cesse de croître. En 2001, 65 % des étudiants poursuivaient leurs études. Ils sont près de 80 % actuellement. L’évolution concerne surtout la poursuite en licences professionnelles (bac+3), puisqu’ils sont 30-35 % à opter pour ce complément. Les autres vont en licence générale, en écoles d’ingénieurs ou en écoles de commerce ou bien enclenchent un cycle d’étude à l’étranger. Même si le taux de placement des étudiants après le DUT est excellent, on peut se demander si les IUT ne gagneraient pas réformer leur formation afin de se mettre en meilleure adéquation avec l’augmentation de la durée des études qui est constaté. A quoi sert de délivrer un diplôme finalisant à bac+2 alors que seulement 20 % des étudiants utilisent réellement ce diplôme pour engager leur début de vie professionnelle ?

L’IUT est par principe assez réactif aux évolutions. Pour pallier au constat de l’augmentation de la durée des études, les IUT ont ouvert des licences professionnelles, et pour certains d’entre eux des masters professionnels. La réforme LMD ne les a pas concerné directement mais certaines filières ont dû être repensées afin de prendre en compte les modifications des formations voisines vers lesquelles les étudiants des IUT poursuivent leurs études.

Avec la loi LRU, les IUT voient aussi leur autonomie restreinte, ce qui est assez paradoxal au premier abord. En effet leur budget doit maintenant passer par leur université d’appartenance alors qu’auparavant il arrivait directement du ministère dans leur escarcelle. Les directeurs d’IUT craignent alors que leurs universités réduisent leur marge de manœuvre, pour les crédits alloués, la gestion du budget, la prise de décision, les postes d’enseignants, les heures complémentaires, etc …. Cette évolution a été, et est toujours, fortement contestée, comme en témoigne par exemple la tension à Toulouse Paul Sabatier entre université et IUT (La fronde des IUT de Toulouse 3 fera-t-elle tâche d’huile ? sur EducPros). Pour certains responsables d’IUT, la LRU constitue une porte ouverte au démantèlement des IUT et ils plaident pour la création d’IUT autonomes, sous la forme d’universités technologiques, bien séparées universités « classiques ». Pour d’autres, le changement du paysage universitaire, qui s’additionne à l’évolution des parcours étudiants précédemment citée, amène à repositionner les missions des IUT au cœur de l’université.

Cette rivalité affichée est bien dommageable. L’IUT a des atouts évidents qu’il serait regrettable de voir s’emmurer. Plutôt que de se recroqueviller sur une défense de périmètre et de spécificités, l’IUT aurait tout intérêt, pour le bienfait de la collectivité universitaire, de s’ouvrir et faire diffuser les clés de ses succès.

Aujourd’hui, 21 octobre, se déroule l’assemblée générale des directeurs d’IUT. Que va-t-il sortir de cette assemblée ? Une nouvelle fronde et des crispations supplémentaires qui viendront s’ajouter aux difficultés actuelles de l’université et alimenter les discours des nonistes ? Ou bien au contraire un programme novateur qui pourrait permettre d’envisager l’avenir avec confiance et synergie ? La réponse dans quelques heures …

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