Université de Mustansiriya, Bagdad, Irak

Université Mustansiriya, Bagdad, Irak

Un article publié ce matin par l’International Herald Tribune permet de remettre en perspective les péripéties dans lesquelles s’agite l’université française.

Un billet précédent a rappelé que le début de l’année universitaire en Iran s’était fait dans une atmosphère lourde suite aux répressions du mouvement protestataire de l’été. La situation est autrement plus grave en Irak sur le campus de l’Université Mustansiriya de Bagdad. Sur ce qui est présenté comme une institution très prestigieuse dans le pays, comptant 24 000 étudiants, il semble que la politique étudiante ait pris un tout autre sens que celui auquel sont familiers les étudiants français (grèves, blocages, « actions citoyennes », etc). Y sévit le groupe dénommé Ligue des Étudiants, qui est en fait une milice armée coupable d’assassinats, de tortures et de viols. Le groupe serait composé notamment d’étudiants en génie civil, littérature et droit, toutes matières qui prédisposent évidemment à la violence! Leurs victimes sont des étudiants (souvent Kurdes ou Sunnites), des professeurs et des administratifs qui leur déplaisent. L’université est le théâtre de la rivalité entre deux présidents concurrents, l’un nommé par le ministère, l’autre élu par les doyens de l’université (de quoi faire pâlir d’envie nos « hyper-présidents » en puissance de la fac française).

L’affaire prend une tournure politique, car le gouvernement irakien, et principalement le Premier Ministre Nouri-al-Maliki, qui s’est donné pour priorité de sécuriser Bagdad en neutralisant les groupes armés, est accusé de fermer les yeux sur les crimes ayant lieu sur le campus. Plus piquant, la rumeur dit que la Ligue des Étudiants ne serait autre qu’un bras armé du parti Dawa, formation chiite qui est celle du Premier Ministre. Cerise sur le gâteau, M. al-Maliki est lui-même doctorant en littérature arabe de cette université, ayant interrompu ses travaux de thèse pour cause d’exercice du pouvoir!

Suite à une plainte publique du Professeur al-Bayati, qui s’est rendu au bureau du Premier Ministre le visage en sang et les vêtements en lambeaux juste après avoir été battu à coup de crosse d’armes en plein campus, sous les yeux des étudiants, l’université à été fermée le 14 octobre.

Heureusement les nonistes n’en sont pas encore là.