confpresserentree_119063Valérie,

Comme tu le sais, je suis une loyale admiratrice de ton œuvre pour l’Université. J’ai défendu ton action partout où je pouvais le faire. J’ai créé ce blog rien que pour toi (en fait non, mais … chut …). Sur ce blog j’ai souvent parlé de toi en termes flatteurs : je me suis félicitée de ton maintien au gouvernement dans « Valérie for ever », j’ai glorifié ta générosité et ta bravoure dans un billet devenu célèbre « Dame Pécresse et les chevaliers qui disent non ! », je t’ai fait la noble héroïne d’un chapitre de ma grande saga galactique « Sur Gliese 581e, an 2148, chapitre 6 ». J’ai aussi constamment combattu les nonistes qui n’ont fait rien que t’embêter durant ce mouvement de contestation. Pour résumer je ta profondément dévouée. Hier j’ai écouté ta conférence de presse … et là j’ai été un peu déçue …

Je t’assure que j’étais pourtant bien disposée à t’écouter, pendue à tes lèvres, prête à boire tes paroles. J’ai entendu tes trois maîtres mots pour tes trois années au ministère: Refonder, construire et consolider. Valérie, ne serait-ce pas un tantinet présomptueux ? … Tu n’as rien refondé du tout, tu as juste fait passer une loi assez discutable, certes probablement nécessaire. Il nous faudra la faire évoluer avec l’expérience. Mais je n’appelle pas cela une refondation, ta langue a probablement fourché ici. Ensuite la construction : ton autonomie reste encore en chantier, encore incomprise et  inactive dans beaucoup d’endroits. Pour ma part je n’aime pas habiter au milieu des gravats. Certes tu me diras que c’est maintenant à nous de jouer, et tu n’auras pas tord. Mais tu sembles oublier que les résistances sont encore très fortes chez les conservateurs qui ne veulent pas d’une université libre et responsable. Il est vrai aussi que tu n’as pas été aidée, en particulier avec ton chef qui t’a joué un vilain tour avec son discours du 22 janvier. Tout allait plutôt bien pour toi quand il t’a délibérément jeté les universitaires dans la rue. Quant à la consolidation, je ne vois pas bien de quoi tu parles mais je pourrais comprendre ici que tu as décidé ne plus rien faire pour nous … car tu ne proposes rien pour cette nouvelle année, en particulier au sujet de la grande parcellisation de l’enseignement supérieur, contrairement à ce que tu avais annoncé à ton arrivée au ministère. Aurais-tu la tête ailleurs ?

Bien entendu je peux te comprendre que tu aies envie de jeter l’éponge. Après tout ce que tu as fait pour nous, avec tout l’amour que tu avais pour nous, nous t’avons déçu. J’aurais fait comme toi si j’étais à ta place, je serais même partie bien avant. Je te comprends d’autant mieux que moi aussi je me sens triste et désabusée. Moi je vais rester à l’intérieur de cette université qui ne se décide pas à grandir. Que faut-il faire ? Qu’est-ce qu’il est possible de faire et avec qui ? Voilà les questions que je me pose aujourd’hui.

Bien à toi,
Rachel

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