lille1_1251922744Faut-il avoir le ventre plein pour étudier ? C’est ce que semble penser le Secours Populaire à Lille car il ouvre une permanence sur le site de Lille I, à l’intérieur même du campus universitaire (information du quotidien régional La Voix du Nord du jeudi 3 septembre, texte complet ici). Le secours populaire distribuera des colis alimentaires pour les étudiants en détresse, selon un principe de « libre service de la solidarité ». Selon les acteurs qui ont mis en place cette action, 20 % des étudiants seraient susceptibles de devoir frapper à la porte !

Il y aurait sûrement beaucoup à dire sur le sujet des difficultés matérielles que rencontrent les étudiants. Très curieusement ce thème n’a pas effleuré le mouvement récent qui a animé nos universités, ce dernier étant essentiellement focalisé sur des problèmes de gouvernance ou de la défense des statuts des personnels titulaires de l’université. Pour se remonter le moral on pourra aller sur le site du ministère pour apprendre que dans sa grande générosité V. Pécresse a augmenté les montants des bourses étudiantes (de 1,5 à 3 %, soit de 18 à 128 euros selon les échelons, de quoi faire bombance durant toute l’année …). Une autre façon de se remonter le moral est de savoir que les étudiants en classes préparatoires et en grandes écoles ne semblent pas rencontrer de difficultés matérielles majeures, et c’est bien là l’essentiel car ces structures forment nos cadres dirigeants, qu’ils soient dans l’administration ou dans l’entreprise (voir le dernier article sur le sujet dans Le Monde, édition du 3 septembre). Ainsi pourquoi se soucier des difficultés matérielles des étudiants ?

PS : L’image en haut à droite provient du site « Histoires d’Universités », qui a consacré plusieurs chroniques récemment sur l’Université de Lille I.

Publicités