examensDepuis hier, radios et télévisions nous rappellent que, si c’est la rentrée pour les enseignants, et, plus tard dans la semaine, pour les élèves du primaire et du secondaire, les étudiants eux ont encore jusqu’au mois d’octobre… Tous? Non! Les étudiants de l’Université de Toulouse-Le-Mirail sont, eux, en train de passer leurs examens, reportés depuis le début de l’été en raison de la durée du mouvement de grève. Parmi les divers témoignages entendus sur mon transmetteur radio, une étudiante qui dit que « le mouvement de grève lui a beaucoup apporté » (des précisions, des précisions!), une autre qui note qu’elle n’a pas pu réviser correctement parce qu’elle s’était engagée à faire un job d’été, un autre qui déclare qu’il ne se réinscrira pas là si un autre mouvement se produit cette année (et il y a paraît un mot d’ordre pour le « 28 novembre » sic), et enfin, un professeur qui s’inquiète pour l’image de « fac à problème » de son établissement, se traduisant par des baisses d’inscription.

Après cela, il faut remarquer, encore est-ce heureux que le calendrier universitaire reste si décalé par rapport aux autres branches de l’enseignement français. Sans quoi, comment faire place à ces sessions extraordinaires d’examens rendues nécessaires par le blocage prolongé d’établissements? La rentrée serait-elle placée plus tôt, où seraient les marges en cas de nouveaux conflits dans l’université? Ce problème n’est pas d’ailleurs à seule dimension franco-française puisque des étudiants étrangers viennent aussi poursuivre leurs cursus en France. La rentrée universitaire française est d’ailleurs un peu plus tardive que dans d’autres pays. Serait-il opportun, un jour, de penser à rechercher une synchronisation des calendriers universitaires avec l’année scolaire, dans le reste de la France et avec celles d’autres pays? À l’heure des échanges internationaux, c’est une question qui mérite aussi d’être abordée dans ce grand chantier de la réforme. Pour preuve, une spationaute d’un autre continent qui m’a accompagné dans mes voyages ce printemps dernier m’a contacté il y a une dizaine de jours, alarmée: son rapport d’évaluation n’était point parvenu à son cosmodrome d’origine, qui l’attendait pour le 31 août, car les décollages reprenaient, chez elle, cette semaine! C’est une bonne illustration des problèmes qui peuvent se poser dès lors que les équipes fonctionnent dans des logiques temporelles différentes, et cela en dépit de partenariats bien établis, parfois de longue date!

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