Rendre notre recherche plus compétitive : c’est l’un des objectifs que l’on peut trouver dans le rapport Attali de janvier 2008, p 40-44. Ce thème est récurrent puisqu’on le trouvait déjà en tête de gondole dans la stratégie de Lisbonne en 2000. A cette époque, l’objectif était que l’Europe devienne rapidement l’économie la plus compétitive du monde. Pour cela, chaque pays devait consacrer 3% de son PIB à la recherche et développement. Cet objectif de Lisbonne n’est pas atteint pour nombre de pays Européen, dont la France (2.2 % du PIB). D’après le rapport Attali, « le système français de recherche est trop complexe : un Centre national de la recherche scientifique peu évalué par l’extérieur, des chercheurs travaillant trop souvent sans lien direct avec l’enseignement, une insuffisance de grands projets et de coordination entre les établissements spécialisés, dans une extrême dispersion. De plus, le financement, majoritairement issu de financements récurrents, n’est pas lié aux résultats des équipes de recherche tandis que les unités mixtes, soumises à des contrats quadriennaux, placent de fait la recherche universitaire sous la tutelle du CNRS. Un pilotage stratégique fort par l’État est nécessaire pour fixer les grandes orientations de recherche et faire émerger l’excellence dans certains domaines délibérément choisis. »

Décision 29 : Financer davantage la recherche publique sur projet et à la performance. C’est clairement une évolution très forte, en particulier pour le financement lié à la performance mesurée par l’AERES. D’ailleurs les réformes en cours vont dans ce sens : pour les universités, 80 % des crédits seront affectés sans distinction en fonction notamment du nombre d’étudiant et 20 % seront conditionnés par des performances de recherche et de formation. Dans les recommandations du rapport, il est demandé de clarifier les missions respectives du CNRS et de l’ANR. « Le CNRS doit se concentrer sur ses laboratoires propres et sérieusement réduire le nombre de ses unités mixtes afin d’éviter l’émiettement de ses chercheurs et de ses ressources ». C’est bien évidemment là un changement profond dans le rôle du CNRS qui soutenait jusqu’à très récemment près de 80% des laboratoires de l’Université sous la forme d’unités mixtes (UMR). Ce mouvement de « desUMRisation » a été tempéré en cette fin de printemps par V. Pécresse. On attend de voir en automne ce qui adviendra de la vague en cours de contractualisation (Vague D de l’AERES). Le CNRS connaît actuellement de profondes réformes, avec la création d’instituts disciplinaires et son recentrage sur un rôle d’agence de moyens, qui correspond surtout ici un support aux gros instruments, de la création de plateformes très visibles à l’international et de moyens humains affectés dans les « meilleurs structures ». De son coté d’ANR reste une agence de moyens sur des grands projets à court terme (3 ans). A noter qu’en 2010, 50% des projets seront des projets blancs, ce qui permettra, on l’espère, un meilleur financement de la recherche fondamentale. Cette décision 29 prévoit également un renforcement des principaux organismes de recherche pluridisciplinaire (CEA, INRA, INSERM, INED). Comme pour les universités, le financement de ces instituts serait lié à la performance.

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