arton2830-c96d0L’association « sauvons l’université » (SLU) nous a mis en ligne un long texte, intitulé « Et si c’était maintenant que ça commençait ? », daté du 14 juillet. Ce texte fait un bref bilan du mouvement et des réformes en cours, depuis la promulgation de la loi LRU jusqu’à aujourd’hui. Mais le plus intéressant de ce texte est un appel une politisation de l’Université. D’après SLU, le premier semestre 2009 correspond à une "réinscription de l’université dans le champ social et politique" et en conséquence "refait de l’université un objet politique". C’est durant ce mouvement que cette prise de conscience politique serait apparue et va maintenant bien au-delà des questions techniques des réformes en cours, jusqu’à s’inscrire dans une dynamique de mouvement sociale afin de contrer les projets du gouvernement.

Repolitiser l’Université, voilà une idée intéressante. En effet, l’Université ne joue-t-elle pas un rôle important dans la société ? Toutefois cet appel de SLU me laisse un peu perplexe. L’association s’est essentiellement illustrée en terme de force d’opposition aux réformes du gouvernement, avec un discours pseudo intellectualisant qui flirte trop souvent avec le crédo simpliste du méchant gouvernement qui veut du mal à la pure colombe tellement inventive qu’est l’Université. Mais dans un contexte d’Université en crise, et je ne parle pas là du mouvement de contestation, SLU ne montre pas une réelle détermination de proposer des solutions. Au contraire elle semble systématiquement lutter pour que rien ne change à l’Université. Pour s’affirmer force politique, il ne suffit pas de déclamer de belles paroles démagogiques, de prendre la posture de l’outragée ou de reprendre à son compte des valeurs humanistes que beaucoup partagent y compris nombre de réformateurs. Il faut aussi avoir un projet et une certaine motivation d’aller vers une amélioration de situations difficiles. A mon sens le nonisme n’est pas un courant politique et par conséquent il est voué à l’échec. Par ailleurs, est-il sain de chercher à politiser un service public ?

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