Comme l’observe Titanium, le rapport Attali a suggéré le classement des universités européennes. Il faut bien sûr déterminer quelle autorité serait en charge de le conduire, d’autant que pour les nonistes, l’intervention de diverses agences ou autorités communautaires représente une intrusion indésirable dans la souveraineté des États membres et en particulier de leurs services publics. Or, il faut remarquer que les classements mondiaux en existence, quand ils sont le fait d’écoles (l’université Jiao Tong de Shanghai ou l’École des Mines) ou de médias (le Times Higher Education Supplement, ou, moins connu en Europe, celui de US News and World Report qui ne porte que sur les universités américaines) voient leurs méthodes et résultats soumis à critique et parfois à contestation. Qu’en serait-il si ces classements devenaient surtout l’apanage des organisations internationales?

Las! Les résultats risquent d’être encore décevants pour certains. La Banque Mondiale vient de rendre un verdict peu encourageant sur les universités françaises, notant au passage que la fragmentation de l’enseignement supérieur français constitue une difficulté supplémentaire pour la conduite de l’évaluation statistique. En cela, la Banque Mondiale rejoint aussi les conclusions de l’OCDE qui est déjà en charge de l’étude PISA, qui porte sur l’enseignement primaire et a fait des vagues en France, fort bien analysées par les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet dans leur ouvrage L’élitisme républicain. L’école française à l’épreuve des comparaisons internationales (Seuil, La République des Idées, Paris: 2009).

Dans les saloons de l’Ouest, on voyait parfois l’écriteau « Ne tirez pas sur le pianiste ». Peut-on observer la même trêve vis a vis du statisticien international?

Publicités