Cette semaine, l’UNESCO a accueilli l’édition 2009 de la Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur. L’une des participantes aux discussions était Jill Biden, épouse du Vice-Président des États-Unis. Mme Biden est universitaire, Professeur d’Anglais Langue Étrangère dans un Community College de la région de Washington. Son intervention a fait l’éloge de ce type d’établissement et a suggéré qu’il pourrait être exportable dans d’autres pays.

Cette suggestion est intéressante, non seulement parce que la préoccupation particulière de la conférence se portait sur l’amélioration de l’enseignement supérieur au niveau mondial, particulièrement pour les pays en voie de développement. C’est une question cruciale car nombre de pays peuvent craindre une fuite des cerveaux lorsque leurs éléments les plus doués partent faire des études supérieures à l’étranger, et ensuite, ne rentrent pas. La proposition de Mme Biden est que la création de community colleges dans ces pays permet de donner un enseignement supérieur de proximité, axé sur des formations professionnalisantes, et relativement peu coûteux pour les petits budgets.

Ce type d’établissement est peu connu en Europe, mais il existe par exemple en Grande-Bretagne. Si on les comparait aux formations existantes en France, ils se rapprocheraient notamment des IUT, car ils tendent à dispenser une formation qui se veut universitaire, délivrent des diplômes (plus que des certificats) en deux ou quatre ans, avec un accent sur les qualifications professionnelles. Ils jouent un rôle important dans la formation continue, en accueillant notamment des étudiants de tous âges, en milieu de carrière, en dispensant souvent des cours du soir pour les actifs souhaitant une nouvelle qualification pour améliorer leurs perspectives de promotion. En ce sens, ils peuvent aider au fonctionnement de l’ascenseur social. Les community colleges peuvent être publics ou non, leur dénomination indique surtout une vocation de proximité, notamment pour les étudiants modestes de quartiers ou petites villes, ceux qui ne peuvent être acceptés dans de grands établissements et notamment les grandes universités publiques. Pour certains c’est l’occasion de suivre une formation professionnelle (métiers techniques ou des services) ou pour d’autres une formation généraliste qui peut leur servir de tremplin pour obtenir un transfert vers une université plus côtée ou offrant un plus grand éventail de formations.

Il n’est pas suggéré ici que ce modèle fonctionnerait bien en France puisque ce pays a déjà, comme on le souligne régulièrement ici, une fragmentation considérable des modes de formation post-bac mais certains éléments peuvent être médités, notamment la possibilité de mobilité entre les formations, et l’aspect formation continue qui semblent mériter davantage de développement dans le cadre d’une future refonte du système d’enseignement supérieur français.

J’indique par ailleurs un lien (ici) précisé par l’UNESCO vers le site "World University News" qui permet aux curieux de savoir ce qui peut se passer de beau dans les universités de la terre.

Ajout du 14 juillet: Le Président Barack Obama a annoncé aujourd’hui sa volonté de renforcer le financement public dont bénéficient les community colleges, proposant de leur consacrer 12 milliards de dollars sur dix ans. Il a établi les priorités suivantes: 9 milliards consacrés à l’aide aux étudiants, pour limiter leur abandon d’études pour raisons financières; 500 millions consacrés au développement des études à distance, notamment en ligne; 2,5 milliards pour la construction et la rénovation des établissements. http://news.yahoo.com/s/ap/20090714/ap_on_go_pr_wh/us_obama_college

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