snesupAprès le bilan de l’année de la CPU, c’est au tour du SNESUP de s’y coller. C’est Stéphane Tassel, secrétaire général du SNESUP-FSU, qui donne son point de vue intitulé " Université: rien de nouveau",  Le monde , 8 juillet 2009. Sans compter le titre, qui me semble assez discutable, le billet commence très fort: " Mme Pécresse, avant d’être confirmée dans vos fonctions de ministre, vous avez affirmé votre volonté de ne pas être "condamnée à l’immobilisme", mais de quels moyens disposez-vous pour aborder la rentrée ? ". Là je dois dire qu’on passe directement dans la 6e ou 7e dimension, ça me plait. Ou bien c’est de l’humour, comme une sorte d’auto-dérision ? Ça me plait aussi.

La suite est malheureusement moins marrante. S. Tassel nous parle "d’un mouvement porté par l’ensemble de la communauté universitaire": pourquoi parle-t-il aussi en mon nom ? Ou bien je n’appartiens plus à cette communauté ? Il nous parle ensuite "du projet gouvernemental de démanteler le service public d’enseignement supérieur et de recherche", de "la volonté de remettre en cause les libertés scientifiques des enseignants-chercheurs et d’ouvrir la voie de l’autoritarisme et du localisme", du "processus de démantèlement des organismes de recherche", du "contrôle technocratique de l’AERES" , "d’encouragement à développer les emplois précaires et l’autoritarisme présidentiel", … etc … bref une bonne synthèse de slogans avant les vacances, les choses bien rangées et toutes prêtes pour la rentrée.

Deux petites choses intéressantes (et déprimantes) : (1) le SNESUP semble opposé au rapprochement des universités et des écoles dans le cadre des pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). On attend bien entendu de voir comment ça se fera, mais ne pourrait-on pas trouver dans ce projet un espoir de solution à notre ÉNORME problème structurel de l’enseignement supérieur, système qui est fragmenté entre écoles, prépas, IUT, BTS, facs… dans lequel l’Université est en train de sombrer. (2) S. Tassel semble visiblement piqué au vif par la petite phrase récente de V. Pécresse (ici).  Ainsi l’article est conclut par une fulgurante contre-attaque: "La capacité du mouvement à rassembler dans la durée et à proposer, avec le soutien de l’opinion, est porteuse de choix alternatifs [...]". Ah bon, le mouvement est porteur d’idées alternatives ? Mais pourquoi ne pas les avoir exprimées ? Certains s’y sont collés, comme par exemple nos refondateurs (voir ici et ).

Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit ce billet, car décidément il n’y a rien de nouveau sous les nuages du SNESUP. Peut-être suis-je en manque d’inspiration aujourd’hui ? Pour me faire pardonner, demain je vous expliquerai comment je suis devenue sarkozysite.

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