sphere1Rachel repris son souffle. La question de Gwenaëlle n’était pas simple « alors cette autonomie des Universités, concrètement c’était quoi ? ». Elle rassembla les brides de mémoire qui lui restaient encore, et elle se lança :

  • L’autonomie des Universités visait à modifier le fonctionnement des Universités, en leur donnant l’autonomie en termes de gestion budgétaire et de gestion de leurs ressources humaines. C’était centré sur trois objectifs simples: « rendre l’université attractive », « sortir de la paralysie de la gouvernance actuelle » et « rendre la recherche universitaire visible à l’échelle internationale ». Là je suis en train de « te sortir la propagande du gouvernement » de l’époque, comme disaient les nonistes émergeants de cette même époque.
  • Rachel, c’est quoi des nonistes ?
  • Ne mélange pas tout, c’est sans importance pour l’instant, je te raconterai ça plus tard. Pour l’instant laisse-moi finir mon paragraphe de propagande. Tout cela était en parallèle avec d’autres réformes, plus ou moins imbriquées dans la LRU, comme l’émergence d’Universités « d’excellence » (plan campus), de réforme de statut des personnels, la mastérisation, la restructuration de du CNRS … Tout cela formait un ensemble assez cohérent, mais c’était beaucoup d’un coup. En fait beaucoup trop pour les petites cervelles étriquées des hommes, surtout pour une communauté qui avait pris l’habitude de refuser toutes les petites réformettes depuis plus de 30 ans. Mais en 2007 cette communauté se retrouvait dans une situation très paradoxale : d’abord elle se savait dos au mur, car clairement les difficultés étaient réelles, beaucoup sentaient qu’il ne serait guère possible de continuer comme ça encore longtemps. D’un autre coté il y avait une certaine identité ou idéal communautaire qui ne se sentait pas en phase avec ces réformes. Cette composante de l’Université n’était pas forcement majoritaire, loin de là, mais elle aimait dire qu’elle l’était et aimait parler au nom de tous. C’est là que les grands ennuis commencèrent : par une petite crispation idéologique.
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