carte12projetsLe rapport Attali de janvier 2008, intitulé « pour la libération de la croissance française », contient un objectif ambitieux (et controversé), et qui correspond à « Faire émerger sur le territoire 10 grands pôles universitaires et de recherche de niveau mondial » (décision 24, p 37-39 du rapport).

Ici le gouvernement n’aura pas attendu le rapport. Dès février 2008, V. Pécresse lance le grand concours de « l’opération Campus ». Il faut dire que cette idée de gros pôles universitaires est une idée chère à J. Attali, on la trouvait déjà dans son rapport de 1998 « Pour un modèle européen d’enseignement supérieur ». En 2008, l’objectif est de mettre en avant 10 Universités de taille mondiale, les autres auront alors une vocation nationale ou régionale. Le rapport préconise des investissements qui pourraient atteindre 10 milliards d’euros, sur une période de 7 ans, à mobiliser par la Caisse des dépôts et consignations ou par des Partenariats Public-Privé.

L’opération du projet campus du gouvernement est financée par la vente de 3 % d’action d’EDF, soit 5 milliards d’euros. L’accent est mis sur l’immobilier universitaire, incluant la vie étudiante (résidences universitaires), il est vrai assez vétuste. Après appel à candidature, c’est 10 universités qui sont sélectionnées : Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montpellier, Strasbourg, Toulouse, Aix-Marseille, Paris-Aubervilliers, Paris-centre et Saclay, auxquels s’adjoindront un peu plus tard Lille et Nancy (soit 12 universités au total). A cela s’ajoute une dizaine de campus « prometteurs et innovants » pour une somme de 400 millions d’euros sur 3 ans.

Cette opération campus est très contestée car elle fait craindre à certains la création d’un système universitaire à deux vitesses, les bonnes universités et les laissées pour compte. Elle aura permis néanmoins un réel effort de structuration locale et/ou régionale, en plus des PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur). L’avenir dira si l’orientation a été la bonne.

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